Face à la controverse alimentée par les médias dans le contexte de la formation attendue d’un nouveau gouvernement, le ministre congolais des Finances, Nicolas Kazadi, se défend de toute irrégularité. Dans un courrier du 27 avril adressé au procureur général près la Cour de Cassation, l’argentier demande d’élargir l’enquête relative aux projets d’installation de lampadaires et de stations de distribution d’eau aux coûts. Le ministre exige une enquête transparente afin de laver son honneur. L’initiative des deux projets et leur validation ont été réalisées sous l’administration du prédécesseur de Kazadi.
Les deux projets portaient sur l’installation des lampadaires et la mise en place de stations mobiles de traitement d’eau pour 1000 localités. L’exécution de ce dernier projet était confiée au consortium Stever Construct Cameroun Sar et Sotrad Water. « Le dossier n’a pas commencé avec nous. Il a été signé par un autre ministre du Développement, il est passé par un marché public et validé avant qu’il nous soit transmis quand nous sommes arrivés aux affaires », a réagi le ministre des Finances en marge d’une conférence de presse organisée à Kinshasa à son retour des réunions du printemps de la Banque mondiale et du FMI.
Face à la presse, le ministre a expliqué qu’en 2021, en pleine crise de la Covid, ses services ont jugé que « 400 000 dollars pour une station leur paraissait trop élevé et qu’il était difficile d’accepter ». Selon le ministre des Finances, c’est son prédécesseur qui s’était engagé à verser le financement en 5 tranches annuelles de 80 millions de dollars pour atteindre les 400 millions de dollars. « Un montant que l’État ne pouvait verser tous les ans », poursuit le ministre.
Le prestataire a alors proposé un versement de 80 millions la première année et de trouver le reste en financement privé. Une formule qui n’aura pas fonctionné. « Après la première année, le prestataire a proposé un paiement mensuel en fonction de la durée du prêt. Nous étions d’accord. La première année, je ne peux pas payer d’un coup 80 millions de dollars, mais en fonction de la trésorerie. En trois paiements, nous sommes arrivés à 71 millions de dollars. »
Mais, en même temps, les autorités s’inquiétaient de l’avancement des travaux et de la lenteur des livraisons. « Je ne paierai pas un dollar de plus tant que je n’ai pas l’équivalent en stations par rapport aux 71 millions versés », a alors décidé, en août 2023, le ministre Kazadi. Les 241 stations, correspondant aux 71 millions de dollars, n’ont pas été toutes livrées. »
Le ministre déclare ne rien avoir fait de mal et d’avoir même obtenu une baisse de prix. « S’il y a une quelconque surfacturation dans ce dossier, je n’y suis pour rien. Le procureur général a fait une réquisition d’information pour s’assurer de la livraison de toutes les stations, moi je demande aussi d’ajouter à ce problème de livraison une vérification du coût. Comme cela, ce sera clair. Au prestataire de rendre des comptes. »
En clair, Nicolas Kazadi précise qu’il n’est intervenu qu’à la fin du processus et non lors de la conclusion du contrat, ni lors de la validation du marché public, encore moins lors de la validation par le Premier ministre, ni lorsque le dossier est revalidé par le conseil des ministres. » Les choses sont claires, estime celui qui réclame une enquête transparente !
Dans l’autre dossier, celui de la fourniture de 2 900 lampadaires auprès de la société Solektra RDC de l’homme d’affaires Samba Bathily, pour un coût unitaire de 4 900 euros via la ville de Kinshasa, Nicolas Kazadi a expliqué que son ministère est intervenu tout en reconnaissant le coût excessif de ces lampadaires importés, alors que « chez nous, nous avons des lampadaires à 1500 dollars ». Et de demander à l’enquête de s’approcher fe l’hôtel de ville de Kinshasa destinataire d’une partie des paiements destinés aux prestataires.
À ce jour, l’Inspection Générale des Finances (IGF) n’a pas encore établi de quelconque surfacturation.
