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Archives: il y a treize ans, la BRVM élisait domicile à Bamako

C’était il y a 13 ans, en février 2011. La Côte d’Ivoire était en crise post-électorale. Des banques étaient nationalisées et, dans ce tohu bohu, une brigade sémillante est envoyée à la BRVM. Rappel des faits. C’est Bamako qui abritera provisoirement la Bourse régionale d’Abidjan. Jean-Paul Gillet, directeur de la BRVM, sous le coup d’un…

C’était il y a 13 ans, en février 2011. La Côte d’Ivoire était en crise post-électorale. Des banques étaient nationalisées et, dans ce tohu bohu, une brigade sémillante est envoyée à la BRVM. Rappel des faits.

C’est Bamako qui abritera provisoirement la Bourse régionale d’Abidjan. Jean-Paul Gillet, directeur de la BRVM, sous le coup d’un mandat d’arrêt du gouvernement Laurent Gbagbo, nous a précisé l’information à Bamako dans une entrevue informelle : « Le site du Mali est équipé de toutes les fonctionnalités de celui d’Abidjan. » Les locaux provisoires de la BRVM se situeront sur une ancienne plateforme de 150 mètres carrés, occupée naguère par Orange. La question la plus épineuse, poursuit M. Gillet, est de faire respecter l’égalité d’accès de tous les acteurs. « Nous pouvons offrir des solutions délocalisées à travers tout endroit sécurisé », rappelle celui qui est à la tête de la bourse abidjanaise depuis douze ans. L’approbation du conseil régional, en tout début de semaine, et de l’association des SGI, les fameux intermédiaires agréés interviendra en tout début de semaine prochaine. Beaucoup d’observateurs se demandent comment le clan Gbagbo a pu échouer dans le contrôle de la bourse.

C’est un revers dur à avaler pour les Forces de défense et de sécurité et les ingénieurs dépêchés sur les lieux, qui tourneront en rond sans jamais pénétrer le système de la bourse. La réquisition a échoué grâce aux nouvelles technologies et à l’option choisie depuis 1998. Aujourd’hui, une bourse peut se tenir dans un ordinateur, rappelle M. Gillet. « Qui a l’information a le pouvoir », disait-on avant. Aujourd’hui, « qui a le réseau a le pouvoir ». Le choix du Mali a été validé sur le plan technique par Orange et les partenaires techniques. Il ne s’agit donc pas d’un choix politique par rapport à Dakar, mieux doté en infrastructures, et qui semblait être la solution de rechange la plus probable, ne serait-ce qu’en regard de la Sonatel, action phare de la place ré- gionale. A l’heure où vous lisez ces lignes, les transactions auront déjà repris, si les prévisions d’un redémarrage rapide faites par M. Gillet se confirment. A Abidjan, les compensations qui se faisaient par la BCEAO Côte d’Ivoire ont été transférées à Ecobank. Mais l’antenne abidjanaise de la BCEAO a été nationalisée et la filiale ivoienne d’Ecobank fermée. Sur le plan juridique, ce « raid boursier » est une première dans le monde de la finance moderne. Jamais, même depuis l’invasion de Paris par les Allemands en 1939-45, une action aussi directe et mus- clée n’a visé une bourse des valeurs mo- bilières. Les partisans de Laurent Gbagbo parlent d’une « réquisition ». Les juristes africains pensent que l’exemple ivoirien met en exergue toute l’importance de la sécurité juridique et de la protection de la propriété privée. Quoi qu’il en soit, pour M. Gillet, il s’agit d’un repli temporaire « pour permettre à toute l’équipe de tra- vailler en toute indépendance dans le cadre réglementaire prévu par la loi ».

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