Quatre ans après le coup d’État au Mali, le président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, a décrété la suspension temporaire des activités des partis politiques et des associations à caractère politique dans le pays. La décision, annoncée le mercredi 10 avril 2024 et cosignée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga ainsi que plusieurs membres du gouvernement, a suscité un vif débat tant au niveau national qu’international.
Les autorités de la transition justifient cette mesure exceptionnelle par des raisons de sécurité et d’ordre public. Elles affirment qu’elle est nécessaire pour contrer ce qu’elles considèrent comme une « subversion » orchestrée par certains partis politiques et leurs alliés, menaçant ainsi la stabilité du pays.
Depuis décembre 2023, cette politique de suspension a déjà touché cinq associations, parmi lesquelles la Coordination des Mouvements et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) et l’Observatoire pour les Élections. Cette dernière avait notamment remis en question les informations officielles sur la tenue d’un référendum à Kidal, région alors sous le contrôle des séparatistes de la CMA.
Bien que prise au nom de la sécurité nationale, le décret controversé soulève des inquiétudes quant à son impact sur les libertés civiques et la démocratie au Mali. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a d’ailleurs demandé, le jeudi 11 avril 2024, au Mali d’«abroger immédiatement» la suspension des activités des partis politiques. Selon le Haut-Commissariat, ce décret porte atteinte aux libertés fondamentales et doit être révoqué sans délai.
Cette suspension des partis politiques intervient alors que le flou est maintenu sur la durée de la transition et que les maliens n’ont plus droit qu’à 6 heures d’électricité par jour. La réponse des autorités maliennes à ces préoccupations internationales et nationales demeure attendue avec impatience.
