Le cabinet d’audit et de conseil Ernst & Young (EY) a nommé le Camerounais Abdoulaye Mouchili comme son nouveau représentant au Cameroun et au Tchad. Depuis le 1er avril 2024, il remplace à ce poste Erik Watremez, nommé intérimaire de EY au Cameroun pour le 4ème trimestre 2023. Cet intérim faisait suite à une brouille entre EY Global et l’avocat Joseph Pagop Noupoué, son désormais ancien directeur pays au Cameroun.
L’on se souvient qu’à la suite de ce conflit interne, Joseph Pagop Noupoué avait rebaptisé les sociétés Ernst & Young Cameroon Sarl et ECA Ernst & Young Cameroun SA., respectivement en ECA Tax & Legal et ECA SA. S’était alors engagé un combat entre les deux camps qui se disputaient les actifs d’ECA Ernst & Young Cameroun ainsi que les clients. C’est dans ce contexte que lors de sa session extraordinaire du 29 février 2024 à Yaoundé, le conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) avait « autorisé le cabinet Ernst & Young Congo à procéder à la certification des comptes [de la BEAC] pour les exercices 2023 et 2024 ».
C’est donc pour rassurer les clients de ce géant mondial de l’audit et du conseil, mais aussi ses 120 employés au Cameroun, qu’EY Global a procédé à la nomination d’un nouveau représentant dans ces deux pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Il ne pouvait en être autrement lorsque l’on sait que ce cabinet compte parmi ses clients des entreprises telles que BGFIBank Cameroun, Société Générale Cameroun, MTN Cameroun, Chococam, UBA Cameroun, ou encore les filiales camerounaises de Globeleq (KPDC et DPDC).
Pour autant, l’on se rappelle que la nomination d’Abdoulaye Mouchili intervient également dans un contexte où la bataille entre Joseph Pagop Noupoué et ses anciens chefs s’est déportée devant les tribunaux camerounais. C’est l’un des dossiers « chauds » que devra piloter « en urgence » le nouveau promu.
