(1,000 USD = 10,08 MAD). A fin décembre 2023, l’exécution budgétaire au Maroc s’est soldée par un déficit, hors produit de cession des participations de l’Etat, de 64,4 milliards de dirhams (6,375 milliards de dollars), selon les données de Bank Al Maghrib (BAM), la Banque Centrale marocaine basée à Rabat. Par rapport à fin 2022, ce déficit est en réduction de 7,1 milliards de dirhams. «Rapporté au PIB, il serait ressorti à 4,5% au lieu de 5,4% », souligne BAM dans sa Revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière de février 2024.
Selon toujours les services de BAM, cette évolution recouvre une amélioration de 6,6% à 355,6 milliards de dirhams des recettes ordinaires, reflétant des augmentations de 5,4% des rentrées fiscales et de 13,5% de celles non fiscales. Les dépenses ordinaires se sont accrues de 2% à 326,3 milliards de dirhams, résultat de hausses de 6,5% des dépenses de biens et services et de 9,5% des charges en intérêts de la dette, tandis que celles de la compensation se sont allégées de 28,4%. « De leur côté, note BAM, les dépenses d’investissement ont progressé de 18,1% à 110,8 milliards de dirhams, portant ainsi les dépenses globales à 437,1 milliards de dirhams, en alourdissement de 5,6%. »
Pour ce qui est du solde des comptes spéciaux du Trésor, l’institut d’émission signale qu’il s’est élevé à 17 milliards de dirhams contre 8,4 milliards de dirhams à fin 2022, tenant compte de montants de 19,6 milliards au titre des recettes du Fonds spécial pour la gestion des effets du tremblement de terre et de 15,8 milliards du Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale. Du côté des recettes fiscales, les rentrées des impôts directs, réalisées à hauteur de 103,2% par rapport à la loi de finances 2023, se sont établies à 116,8 milliards de dirhams, en accroissement de 4,6%, sous l’effet principalement des augmentations de 2,4% à 62,3 milliards de dirhams de celles de l’impôt sur les sociétés (IS) et de 5,8% à 50,7 milliards de dirhams de celles de l’impôts sur le revenu (IR). Celles-ci tiennent compte notamment d’une hausse de 6,5% à 4,7 milliards du produit de l’IR sur les profits immobiliers et d’une baisse de 6,5% à 9,9 milliards de celui de l’IR sur les salaires.
Pour leur part, les impôts indirects ont drainé un total de 143,1 milliards, en hausse de 4%, reflétant des progressions de 4% à 110,3 milliards des recettes de la TVA et de 3,7% à 32,8 milliards de celles de la taxe intérieure sur la consommation (TIC). « L’évolution de cette dernière traduit notamment un renforcement de 7,7% à 13,7 milliards de la TIC sur les tabacs et une légère baisse à 16,2 milliards de celle sur les produits énergétiques », explique BAM. Elle ajoute que l’amélioration du produit de la TVA recouvre un rebond de 24% à 34,5 milliards des recettes de la TVA à l’intérieur, tenant compte notamment d’une diminution de 350 millions à 16,3 milliards des remboursements des crédits de la TVA, et un repli de 3,1% à 75,8 milliards de celles de la TVA à l’importation. Pour leur part, les rentrées des droits de douane et des droits d’enregistrement et de timbre se sont accrues de 18,3% à 16,4 milliards et de 11,1% à 20 milliards respectivement.
Concernant les recettes non fiscales, les services de BAM notent que leur évolution a été marquée principalement par les encaissements de 25,4 milliards des rentrées des mécanismes de financement spécifiques, réalisées à hauteur de 101,7% par rapport à la programmation de la loi de finance, et de 14 milliards des recettes provenant des établissements et entreprises publics (EEP) contre 13,1 milliards un an auparavant et 19,5 milliards dans la loi de finance. Ils estiment que ces rentrées proviennent de l’OCP (Office Chérifien des phosphates) à hauteur de 7,4 milliards, de l’ANCFCC (Agence Nationale de la Conservation Foncière du Cadastre et de la Cartographie) pour 4 milliards et de Bank Al-Maghrib pour 937 millions. Pour leur part, les dons CCG se sont élevés à 784 millions de dirhams contre 380 millions à la même période de l’année précédente.
En parallèle, les dépenses de biens et services ont atteint 232,1 milliards, en alourdissement de 6,5%, avec des accroissements de 2,7% à 151,8 milliards de la masse salariale et de 14,6% à 80,3 milliards des dépenses au titre des autres biens et services. Ces dernières incorporent des progressions de 17,4% à 41,1 milliards des transferts au profit des EEP et de 78,7% à 10,9 milliards en faveur des comptes spéciaux du Trésor. Selon toujours BAM, l’évolution de la masse salariale recouvre une hausse de 1,2% de sa composante structurelle et un recul de 9,5% à 8,4 milliards des rappels. De leur côté, les charges en intérêts de la dette ont augmenté de 9,5% à 31,2 milliards, tirées principalement par le rebond de 66,6% à 8,3 milliards de celles sur la dette extérieure, alors que celles sur la dette intérieure ont reculé de 2,5% à 22,9 milliards.
Pour leur part, les charges de compensation se sont allégées de 28,4% à 29,9 milliards, dont 16,7 milliards pour le gaz butane, 6,6 milliards pour le sucre, 3,9 milliards pour la farine nationale et la restitution à l’importation du blé tendre et 2,5 milliards au titre des subventions du secteur du transport. « Compte tenu de la réduction du stock des opérations en instance de 9,3 milliards, le déficit de caisse s’est situé à 73,7 milliards, en léger creusement de 234 millions d’une année à l’autre », note BAM. Outre l’encaissement de recettes de cession des participations de l’Etat de 1,6 milliard, ce besoin a été couvert par des ressources intérieures d’un montant net de 37,2 milliards et par un flux net extérieur de 35 milliards. Le recours au marché des adjudications s’est élevé à 33,6 milliards contre 19,1 milliards un an auparavant, portant ainsi l’encours de la dette intérieure à 704,1 milliards en hausse de 5,1% par rapport à son niveau à fin décembre 2022.
