Dans un entretien télévisé diffusé le 30 mars 2024, le président Abdelmadjid Tebboune, 78 ans, a abordé plusieurs questions d’actualité, laissant cependant planer le doute sur une éventuelle candidature aux présidentielles anticipées du 7 septembre prochain. « Avant l’heure ce n’est pas l’heure », a-t-il réagi à la question des journalistes. Par contre, le ton du chef de l’Etat avait des allures de campagne électorale avec l’annonce d’un doublement des salaires des fonctionnaires : « on est à 47% de hausse. Nous allons porter l’augmentation à 53% » a-t-il déclaré. Et le président de se féliciter de la croissance économique du pays, le PIB devant dépasser les 400 milliards de dollars à mi-2026, contre 247 milliards en 2023 selon une estimation du FMI.
L’inflation estimée actuellement entre 7 et 8% devrait revenir à 4% pour protéger le pouvoir d’achat des algériens. L’autre composante de ce pouvoir d’achat, au delà de l’augmentation des salaires et de l’inflation, est de réévaluer le cours du dinar estimé actuellement à 145 unités pour 1 euro et 135 pour 1 dollar. Le président Tebboune a affirmé la nécessité d’œuvrer à l’augmentation de la valeur du dinar, regrettant l’utilisation excessive de la planche à billets par le passé. Ces politiques, selon lui, ont entraîné une dévaluation du dinar algérien, dont le pays paie aujourd’hui les conséquences. « Si, par exemple, 1 dollar équivaut actuellement à 140 dinars, nous ferons en sorte que son équivalent soit de 100 dinars », a insisté le chef de l’État algérien.
Sur la politique étrangère, le président algérien n’est pas allé par quatre chemins pour indexer sans le nommer les Emirats Arabes Unis. «Partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent, au Mali, en Libye, au Soudan». L’Algérie, martèle le locataire du palais El Mouradia, «ne s’inclinera devant personne …si tu cherches à avoir avec nous les comportements que tu as avec les autres, tu te trompes. Nous avons 5.630.000 martyrs morts pour ce pays. Ceux qui veulent s’approcher de nous, qu’ils le fassent».
Sur un autre sujet, le Maghreb, le président algérien semble avoir sa version toute définie de cet ensemble. “Il n’y a pas d’action maghrébine commune, nous avons donc décidé de tenir des réunions maghrébines, sans exclure aucune partie, et la porte est ouverte à tous”, a déclaré le président Tebboune, soulignant qu’il existe un accord, algérien, tunisien et libyen, pour créer une entité nord-africaine, et la porte est ouverte à tous les pays pour y adhérer, expliquant qu’il ne cible pas un pays spécifique.
