Le 25 mars 2024 à Libreville, l’Etat gabonais a lancé un roadshow pour lever 854 milliards de FCFA en 2024 sur la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC). Pour cette opération de charme auprès des investisseurs des six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le gouvernement a choisi de se rendre à Douala, au Cameroun le 28 mars puis à Brazzaville le 30 mars. Selon le Trésor public gabonais, « cette campagne de marketing envers les spécialistes des valeurs du trésor (SVT) permet de diversifier la base des investisseurs et d’assurer la réussite des levées de fonds tout au long de l’année en cours ».
Au cours de ce roadshow, les autorités gabonaises entendent mettre en avant « la fiabilité et la solidité du Gabon sur le marché financier » pour attirer les investisseurs. Et pour cause, se gargarise le ministre des Comptes publics, Charles Mba, « en 10 ans de présence sur ce marché, notre pays n’a jamais été pris en défaut de paiement ». Par ailleurs, rassure-t-il, « les autorités de la transition mettent un accent sur une gouvernance dans la transparence et la bonne gouvernance considérés comme des facteurs importants qui améliorent la confiance des investisseurs ».
Le pays entend utiliser les fonds qu’il va lever sur le marché sous-régional pour l’investissement (construction des routes, des équipements, des écoles), et les dépenses pour l’appui à la solidarité sociale ainsi que pour l’amélioration des conditions de vie des Gabonais.
Pour rappel, les 854 milliards de FCFA à lever sur le marché des titres de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sont en hausse de 8 % par rapport au montant recherché en 2023 (794 milliards de FCFA). Ces opérations vont accroître le taux de la dette du Gabon dont le poids actuel est de 54% selon le ministre des Comptes publics, Charles Mba. Ce taux est inférieur au seuil communautaire en vigueur dans la zone CEMAC fixé à 70% du produit intérieur brut (PIB).Dans le détail, 424 milliards de FCFA seront émis sous la forme de bons du Trésor assimilables (BTA) avec une maturité de 13, 26 et 52 semaines. Cette somme sera essentiellement consacrée à la gestion active de la trésorerie. Le reste, soit 430 milliards de FCFA, sera recherché sous forme d’obligations du Trésor assimilables (OTA) avec des maturités allant de trois à dix ans.
