La situation perdure depuis la mi-2023 au Mali et aucun engagement de retour à la normale n’est pris. Les plus chanceux des maliens n’ont plus droit qu’à 6 heures d’électricité par jour selon un programme de délestage régulièrement diffusé à la télévision nationale. Face à ce contexte, une vaste enquête avait été diligentée il y a quelques mois au sein du fournisseur public, Energie du Mali (EDM), destinataire de centaines de générateurs d’électricité thermique qui se sont révélés défectueux.
la mise aux arrêts de l’ancien ministre de l’énergie Lamine Seydou Traoré -poussé à la démission en mai 2023 après des manifestations contre l’ampleur des délestages- et l’interpellation de hauts responsables de la compagnie ont donné le sentiment que le gouvernement est déterminé à situer les responsabilités de la mauvaise gestion. Le mal est apparemment plus profond. Selon RFI, à elles seules, « les factures non justifiées, dites “supplémentaires”, d’EDM se seraient élevées à 18 milliards de francs CFA » en 2022.
En janvier dernier, la dette de l’entreprise publique approchait 600 milliards de francs CFA (915 millions d’euros). L’envolée du coût des hydrocarbures aggrave la situation, l’entreprise publique étant obligée de maintenir un certain seuil de prix correspondant à un déficit de 50 Franc CFA par kilowatt vendu.
Le peu d’électricité qui alimente le pays vient de le Côte d’Ivoire et de l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Selon la convention signée entre les deux pays en 2012, la Côte d’Ivoire à travers CI-ENERGIES et la CIE, s’était engagée à fournir au Mali une puissance minimale de 30 MW en période de pointe et jusqu’à 100 MW en hors période de pointe’.
Or, depuis novembre 2923, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE),qui estimait ses impayés vis-à-vis d’EDM à 170 milliards de Francs CFA, a réduit son offre face à l’accumulation des impayés.
Nommé en septembre 2023, le nouveau directeur général de la compagnie nationale d’électricité EDM-SA, Abdoulaye Djibril Diallo, estimait récemment qu’il faudrait 500 millions de litres de combustibles, soit 309 milliards Fcfa (environ 513 millions de dollars américains) pour résorber le déficit. Le manager qui avait annoncé le 7 mars le passage de 6 à 12 heures d’électricité par jour a vu sa promesse rester sans suite alors que les faibles moyens mobilisés auprès des institutions financières ( 45 milliards FCFA accordés par la BOAD en avril 2023) n’ont pas pu régler le passif vis-à -vis des fournisseurs qui se retirent un par un.
En poste depuis septembre 2023, le successeur de Koureissy Konaré, limogé 24 mois après sa nomination, le sait, le prolongement de la crise le met en porte-à-faux avec un gouvernement d’une transition désormais à durée indéterminée.
