Par OSSÈNE OUATTARA.
Le 16 mars, fratmat.info, le site internet du journal Fraternité Matin, informait ses lecteurs de la cessation des activités de Dénia Ivoire à Grand-Bassam. L’usine marocaine (spécialisée dans la transformation de noix brutes de cajou), filiale de Holmarcom Group, « n’a pas pu résister à la concurrence asiatique et à la crise mondiale de la transformation de cajou ». Et le confrère d’ajouter que, « faute de marge et d’approvisionnement régulier en noix brutes durant 3 ans, l’usine Dénia, d’une capacité de 17.000 tonnes et qui employait 2.000 personnes, a été contrainte d’arrêter ses activités de transformation à la suite de pertes importantes accumulées depuis 3 ans ».
Les jours suivant la diffusion de l’article, plusieurs journaux ivoiriens l’ont repris à la lettre dans leurs parutions. D’après nos recoupements, l’usine n’a pas arrêté ses activités « faute de matière première » pour fonctionner. « Il est peu raisonnable qu’elle ferme pour ce motif alors que la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, est en pleine campagne de commercialisation du cajou, période où les noix brutes sont en grande quantité dans les zones de production », explique-t-on.
« L’entreprise marocaine, qui pèse 20 millions d’euros en investissements (plus de 13 milliards de francs CFA), ne peut pas manquer de moyens financiers pour constituer des stocks d’anacarde brute sur 1 an. La cause de l’arrêt de l’usine est ailleurs », poursuit-on. Aussi, la fermeture, qui est temporaire, reste consécutive à une « réduction du temps de travail ordonnée par les autorités en charge de l’environnement », selon une note interne de l’usine que nous avons consultée (voir ci-dessous). Des raisons environnementales ont donc conduit à la cessation d’activités.
La situation a amené la direction de l’entreprise à mettre en chômage technique les salariés bien avant la fin 2023. Le temps de repos forcé des employés a même été prorogé pour une période allant du 8 février au 7 avril 2024. « Nous vous assurons que toutes les dispositions sont prises pour trouver des solutions qui nous permettront de rétablir le bon fonctionnement de notre exploitation dans les conditions normales », rassure la note de mise en chômage technique. En Côte d’Ivoire, le prix d’achat officiel du kilogramme de cajou aux producteurs a été fixé à 275 francs CFA. Dans des parties du territoire, le produit est vendu à 300 francs CFA.





