Depuis fin février, les Emirats Arabes Unis (EAU) et le Fonds monétaire international (FMI) se démènent en Egypte.
Inflation, dette, baisse de l’attractivité. Du Nigéria à l’Egypte en passant par le Ghana, le continent africain connaît d’importantes difficultés financières. Dans ce contexte, les autorités égyptiennes essayent de sortir le pays du marasme économique.
La lente déchéance de la première économie africaine
Au tournant de la décennie 2020, la situation économique s’est fortement dégradée. Deux causes externes ont dégradé l’économie, le covid et la guerre en Ukraine. Le premier a provoqué un déclin du tourisme, source principale de revenu. Le second a fait flamber le prix des céréales, contraignant le pays à se fournir ailleurs et à des prix plus élevés.
Depuis octobre 2023, le trafic du canal de Suez a augmenté de 42%. En cause : les attaques des houthistes en mer Rouge. The Egypt Independant annonçait alors une année 2024 “rude” pour le pays.
L’investissement des EAU comme “déclic”
L’annonce du 24 février de l’investissement historique des EAU à hauteur de 35 milliards de dollars change cependant la donne. Sous la plume du journaliste Romaric Godin, Médiapart parle de « déclic émirati ». Ce miracle issu d’Abu Dhabi vise à aider l’Egypte à renouer avec sa tradition touristique grâce au développement de la zone de Ras-al-Hikma.
Sitôt l’aide émiratie annoncée, un effet de levier s’est mis en place : la confiance des investisseurs dans l’économie du pays remontait. Trois jours plus tard, Bloomberg relevait déjà de nombreux effets positifs. Après cette annonce, les obligations du pays avaient connu la plus forte augmentation sur le marché émergent. La livre égyptienne se renforçait également sur le marché noir favorisant ainsi la stabiltié financière.
En plus de ses effets immédiats, l’investissement a eu un effet de contagion : deux semaines plus tard, c’est au tour du FMI d’annoncer une prêt de 8 milliards de dollars. Le coup de pouce tant attendu a longtemps été retardé. En cause ? La réticence du gouvernement égyptien à dévaluer sa monnaie face à la crainte d’une fuite des capitaux et d’une récession incessante. Le prêt du FMI est la conséquence logique de l’investissement émirati qui, en augmentant les réserves de la banque centrale égyptienne, a rendu moins dangereuse une telle décision. Charlie Robertson, chef de la stratégie macroéconomique chez le gestionnaire de fonds FIM Partners, indique que, grâce à ces deux investissements, « le risque de défaut s’est effondré au cours des deux dernières semaines. » Optimiste, il annonce même au Financial Times que la « crise est terminée.» La signature d’un partenariat stratégique entre l’Union européenne (UE) et l’Egypte à hauteur de 7,4 milliards d’euros, donne raison à cette analyse de Charlie Robertson.
