Réélu avec un score impressionnant pour un nouveau mandat de six ans, le dimanche 17 mars 2024, à hauteur de 87% des voix, le président russe Vladimir Poutine, âgé de 71 ans, semble désormais suivre les traces de Joseph Staline, son prédécesseur, qui a dirigé l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) d’une main de fer de 1924 à 1953, une époque marquée par la répression des voix discordantes. Les similitudes entre les deux personnages sont notables. En pleine Seconde Guerre mondiale, le « Petit Père des Peuples » a lancé une politique de transformation industrielle qui a permis à l’ex-URSS de se mesurer aux États-Unis.
De son côté, Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999 à l’exception de la parenthèse Medvedev, s’est employé à restaurer la puissance russe affaiblie suite à la chute du mur de Berlin et aux différents accords internationaux, y compris ceux de Minsk. Adoptant une approche plus libérale, il a encouragé le développement des oligarques et a cherché à intégrer la Russie dans la mondialisation en tentant de diminuer sa dépendance aux technologies occidentales. Le développement du système de paiement MIR illustre en partie la capacité de résilience de la Russie face aux sanctions internationales, telles que le retrait de Visa et American Express et l’exclusion de Moscou de la plateforme SWIFT.
Sous Staline, l’URSS a vu la mise en place de plans quinquennaux axés sur une rapide industrialisation et la collectivisation des terres, conduisant à des purges massives et à une répression généralisée. Poutine, quant à lui, a consolidé le pouvoir et restauré une certaine stabilité après la période post-soviétique, mais il est critiqué pour la répression des dissidents et l’affaiblissement des institutions démocratiques. La politique étrangère sous Staline était caractérisée par une expansion soviétique et la création du bloc de l’Est, tandis que Poutine s’efforce de réaffirmer l’influence russe sur la scène mondiale, avec des interventions militaires controversées et des accusations d’ingérences électorales. Staline a maintenu son régime par la terreur, la surveillance et un culte de la personnalité, souvent au prix de famines et de l’instauration de camps de travail.
Poutine, bien que de manière moins extrême, met également en place une surveillance étroite, contrôle les médias et restreint les libertés pour renforcer son pouvoir. Sur le plan économique, Staline a établi une économie planifiée centrée sur l’industrialisation et la collectivisation, tandis que Poutine gère une économie de marché avec un contrôle étatique significatif, cherchant à diversifier l’économie russe au-delà des hydrocarbures. Stratégiquement, Staline est sorti vainqueur de la Seconde Guerre mondiale et a joué un rôle majeur lors de la conférence de Yalta, se positionnant parmi les vainqueurs. Soixante-dix-neuf ans plus tard, son successeur se trouve confronté aux principaux alliés de cette époque dans un contexte tendu, marqué par une intervention militaire en Ukraine au lourd coût. Les deux leaders partagent une vision commune, ne concevant pas une Russie sans l’Ukraine.
