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Maroc : Bank Al Maghrib opte pour le statu quo

Le  Conseil de Bank Al-Maghrib, la banque centrale du Maroc, a décidé de maintenir son taux directeur inchangé, à 3%, allant dans le sens des anticipations du marché. C’est la principale décision prise lors de la réunion tenue le 19 mars sous la présidence de Abdelatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib. Commentant la situation monétaire…

Le  Conseil de Bank Al-Maghrib, la banque centrale du Maroc, a décidé de maintenir son taux directeur inchangé, à 3%, allant dans le sens des anticipations du marché.

C’est la principale décision prise lors de la réunion tenue le 19 mars sous la présidence de Abdelatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib. Commentant la situation monétaire et financière du pays, le gouverneur s’est félicité d’une monnaie stable et d’un marché interbancaire qui fonctionne correctement. Depuis 2020, la banque centrale marocaine n’est pas intervenue sur le marché des changes, explique le gouverneur. 

transferts des MRE se maintiendraient à des niveaux élevés, soit 116,5 milliards de dirhams en 2024 et 122,4 milliards en 2025. Concernant les recettes d’IDE, après une baisse sensible en 2023 à l’équivalent de 2,2% du PIB, elles avoisineraient 3,1% du PIB en moyenne au cours des deux prochaines années. Au total, et tenant compte notamment des financements extérieurs prévus du Trésor, les avoirs officiels de réserve se stabiliseraient à 359,8 milliards de dirhams à fin 2024 avant de se renforcer à 373,5 milliards en 2025, soit l’équivalent de 5 mois et 5 jours d’importations de biens et services.

14. S’agissant des conditions monétaires, le besoin de liquidité des banques, tiré par la hausse prévue de la circulation fiduciaire, devrait continuer de se creuser, passant de 111,4 milliards de dirhams à fin 2023 à 121,1 milliards à fin 2024 et à 143,2 milliards à fin 2025. Pour ce qui est du crédit bancaire au secteur non financier, après la sensible décélération en 2023, liée principalement à la baisse des prix des produits énergétiques et alimentaires ainsi qu’à l’amortissement des prêts accordés dans le cadre des lignes de garantie mises en place lors de la crise pandémique, il augmenterait de 4,4% en 2024 et de 4,7% en 2025. Pour sa part, le taux de change effectif réel connaitrait une appréciation de 1,3% en 2024 après celle de 0,8% en 2023, le niveau d’inflation domestique inférieur à celui des pays partenaires et concurrents commerciaux devant atténuer l’effet de l’appréciation prévue du taux de change effectif nominal, avant de connaitre une quasi-stabilité en 2025.

Après un long cycle de resserrement monétaire Bank Al Maghrib, en sort avec des acquis et la possibilité de poursuivre les réformes vers l’abandon du dirham indexé sur un panier de devises au profit d’un dirham flottant. Pourvu que la tendance à la stabilisation générale des prix se consolide.

Pour rappel, l’institution cible un objectif d’inflation de 2,2% en 2024. Pour le moins, les mesures radicales prises par BAM pour maintenir la stabilité des prix au lendemain de la Covid 19 ont été couronnées de succès, ayant contribué à faire chuter l’inflation, qui avait atteint un pic de 10,1% en février 2023 avant de s’inscrire à ls baisse, revenant à 3,4% en décembre et terminant ainsi l’année 2023 avec une moyenne de 6,1% après 6,6% en 2022. 

La composante sous-jacente de l’inflation a quant à elle suivi une trajectoire similaire, passant de 6,6% en 2022 à 5,6% en 2023, et devrait osciller autour de 2,3% cette année et en 2025.

Reste à savoir si la politique de resserrement du crédit n’a pas heurté la croissance économique projetée à 2,1% en 2024. Sur le plan de la transmission de la politique monétaire en tout cas, les taux débiteurs se sont stabilisés au dernier trimestre de 2023, l’accroissement total depuis le début du resserrement monétaire se maintenant ainsi à 112 points de base contre 150 points pour le taux directeur. La hausse des taux a concerné davantage les entreprises que les particuliers et a été moins importante pour les TPME que pour les grandes entreprises, souligne Bank Al Maghrib.

Sur le volet des finances publiques, l’exécution budgétaire a clôturé l’année 2023 par un net allègement du déficit à 4,4% du PIB. En dépit des besoins importants, en lien notamment avec la généralisation de la protection sociale, l’accroissement de la masse salariale et le maintien d’un niveau élevé d’investissement du Trésor, ce déficit devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, reculer à 4% du PIB en 2025, après une quasi-stabilité en 2024. Cette évolution reflèterait notamment le renforcement des rentrées fiscales, la forte mobilisation des ressources provenant des mécanismes de financement spécifiques ainsi que le repli de la charge de compensation.

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