Du 18 mars au 1er avril 2024, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) va émettre des bons du Trésor d’un montant global de 150 milliards de FCFA en direction des banques des six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). C’est ce que renseigne le calendrier publié par le vice-gouverneur de la BEAC, Michel Dzombala, qui indique qu’il s’agit en réalité de trois opérations d’une valeur nominale de 50 milliards de FCFA chacune. Elles s’effectuent dans le cadre de la politique monétaire restrictive que la banque centrale a instaurée en 2022 afin de combattre l’inflation d’origine monétaire qui caracolait déjà à 20% dans la sous-région.
Dans le détail, l’on apprend que la BEAC rémunère à 3,5% les bons de 28 jours de maturité, et 2,5% ceux de 14 jours. S’agissant des conditions de participation à ces opérations, l’on apprend que, durant la période de maturité des valeurs émises, les banques ne sont pas autorisées à solliciter de facilité auprès de la BEAC. Bien plus, les titres émis ne seront pas admis lors des opérations de refinancement de la BEAC.
Pour rappel, afin de permettre à la BEAC « d’accélérer la résorption de l’excès de liquidité bancaire sur le très court terme, et mieux monitorer son évolution », le Comité de politique monétaire (CPM) l’avait autorisée, le 12 décembre 2023, à « émettre des Bons du Trésor sur des maturités comprises entre 14 et 28 jours à des taux d’intérêt négociés avec les banques commerciales ». L’annonce avait été faite lors de la conférence de presse tenue ce jour-là par le gouverneur de la BEAC d’alors, Abbas Mahamat Tolli. Qui excipait de la persistance des tensions inflationnistes, malgré le durcissement de la politique monétaire.
Suite à cette autorisation du CPM, le 9 février 2024, la BEAC avait lancé la toute première émission de bons de Trésor d’un montant total de 50 milliards de FCFA rémunérés à 3,5%. Malheureusement, cette première expérience fut un fiasco. Mais, loin de se décourager, la banque centrale vient de relancer la machine avec, cette fois-ci, trois opérations en une dont le montant est le triple de celui de la précédente.
