Les chefs d’entreprise du Burkina Faso se sont plaints de la morosité de l’activité économique au troisième trimestre 2023, selon les résultats de l’Enquête Trimestrielle de Conjoncture (ETC) réalisée par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) basé à Ouagadougou.
« La conjoncture économique au troisième trimestre 2023, dans l’ensemble, présente une évolution défavorable, confirmant ainsi les prévisions pessimistes des chefs d’entreprise faites un trimestre plus tôt » a souligné l’INSD. Selon les opinions des chefs d’entreprises, l’évolution des recettes est défavorable au troisième trimestre 2023 par rapport à la situation normale, en variation trimestrielle ainsi qu’en variation annuelle. Par rapport à la situation normale, note l’INSD,16% des opérateurs économiques ont constaté une hausse des recettes contre 58% ayant noté une baisse, soit un solde défavorable de 42%. En glissement trimestriel, la hausse est constatée par 26% des opérateurs contre 50% pour la baisse, traduisant un solde favorable de 24%. S’agissant du glissement annuel, un solde défavorable de 36% est enregistré. Pour le quatrième trimestre 2023, les chefs d’entreprises restent pessimistes. « En effet, note l’INSD, ils s’attendent encore à une baisse.
Concernant la situation de la production, elle n’est guère meilleure que celle des recettes. Par rapport à la situation normale, au troisième trimestre 2023, la production est en baisse soit un solde défavorable de 39%. La situation est la même en glissement trimestriel ainsi qu’en glissement annuel avec des soldes défavorables de 24% respectivement 37%. « Pour le trimestre à venir, les chefs d’entreprise anticipent une diminution de la production (solde défavorable de 24%) » souligne l’INSD.
Quid de la situation de la trésorerie ? A ce niveau, l’INSD avance que comme au trimestre précédent, les tensions de trésorerie restent persistantes au troisième trimestre 2023. En glissement trimestriel, 40% des chefs d’entreprises ont déclaré des tensions de trésorerie contre 30% ayant constaté une amélioration de la trésorerie, soit un solde défavorable de 10%.
Tout comme les recettes et la production, les effectifs employés présentent une évolution défavorable. Par rapport au trimestre précédent, 47% des chefs d’entreprises ont déclaré que les effectifs des employés ont baissé contre 10% de déclaration de hausse, soit un solde défavorable de 36%. Par rapport au même trimestre de l’année 2022, la situation est également défavorable avec un solde de -22%. Les chefs d’entreprise s’attendent encore à une réduction des effectifs employés au dernier trimestre de 2023 avec un solde de – 34%.
Pour ce qui est du carnet de commandes, par rapport à la situation normale, avec un solde d’opinion de 18%, les chefs d’entreprises ont signalé une hausse de la valeur des commandes enregistrées et qui ne sont pas encore livrées au troisième trimestre 2023. En comparaison au niveau des commandes enregistrées et non livrées du deuxième trimestre 2023, la valeur des commandes enregistrées et non livrées du troisième trimestre 2023 est en baisse. De même en glissement annuel, cette valeur est plus faible que celle enregistrée il y a un an. « Pour le trimestre à venir, note l’INSD, avec un solde de -24%, les chefs d’entreprises pensent que la valeur des commandes qu’ils auront à enregistrer sera plus faible que celle enregistrée au troisième trimestre 2023. »
Concernant les difficultés rencontrées, les entreprises Burkinabé restent toujours confrontées aux mêmes difficultés, mais à des degrés divers. « Pour le troisième trimestre 2023, on note des opinions des chefs d’entreprise, que 51% des entreprises ont une demande insuffisante » a relevé l’INSD. Aussi, ajoute-t-il, 31% des entreprises font face à des difficultés d’approvisionnement, 49% sont confrontées à des contraintes financières et 11% n’ont pas suffisamment d’équipement pour mener à bien leurs activités. Il ressort également que 12% des entreprises n’ont pas assez de personnel et 35% évoluent dans un climat défavorable aux activités.
