.Le déficit budgétaire du Sénégal s’est atténué de 139 milliards de FCFA (236,300 millions de dollars) en 2023 par rapport à 2022, selon les données de la Direction de la prévision et des études économique (DPEE) basée à Dakar. Ce déficit est ressorti provisoirement à 915,49 milliards de FCFA (1,556 milliard de dollars) en 2023 contre 1054,2 milliards de FCFA (1,792 milliard de dollars) en 2022. Dans sa note de conjoncture du 4ème trimestre 2023, la DPEE signale que les données de l’exécution budgétaire en 2023 restent encore provisoires, en attendant d’observer les données définitives de 2023 après la clôture de la période complémentaire. Quant au solde primaire (hors charges d’intérêts), il est déficitaire de 346,4 milliards de FCFA en 2023.
Au titre de l’année 2023, les ressources totales de l’État du Sénégal ont augmenté, passant de 3536,3 milliards de FCFA en 2022 à 3888,2 milliards de FCFA en 2023, soit une progression de 10,0%. Selon la DPEE, elles sont constituées de recettes fiscales qui se chiffrent à 3490,3 milliards, des dons pour un montant de 188,6 milliards et des autres recettes de 209,4 milliards. « La hausse notée est portée essentiellement par le recouvrement des impôts sur le revenu, les bénéfices et les gains en capital (+140,9 milliards) et les impôts sur les biens et services (+218,3 milliards) qui ont permis de contenir la contraction notée au niveau de la mobilisation des impôts sur le commerce extérieur et les transactions (-24,9 milliards) », souligne la DPEE. Les impôts sur le revenu, les bénéfices et les gains en capital ont enregistré un accroissement de 13,9% grâce au recouvrement satisfaisant de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur les revenus, pour des montants respectifs de 360,4 milliards et 721,1 milliards, soit des hausses de 21,3% et 18,9%.
S’agissant de l’impôt sur les sociétés, la hausse est tirée par les entreprises du secteur secondaire et du secteur tertiaire, avec des augmentations respectives de 96,0% et 31,8%. Au niveau du secteur secondaire, la DPEE note que la contribution du sous-secteur des industries extractives a été déterminante dans la performance de l’impôt sur les sociétés. « Elle est passée de 15,6 milliards à 63,5 milliards, soit une progression de 306,0%, traduisant l’avènement de nouvelles entités dans le secteur minier » mentionne-t-elle. Par ailleurs, les sous-secteurs des BTP et de l’industrie du lait ont conforté cette performance, avec des accroissements respectifs de 60,1% et 51,0%. Concernant le secteur tertiaire, les paiements d’impôt sur les sociétés se sont renforcés grâce aux services portuaires (+32,6%) et aux banques et services financiers (+44 ,5%). Selon la DPEE, ces performances ont permis de compenser la baisse des versements des services de télécoms qui ont diminué de 3,1%.
Pour ce qui est de l’impôt sur les revenus, la DPEE note que sa progression a bénéficié du bon niveau de mobilisation des retenues à la source sur les salaires, suite au renforcement de la conformité déclarative et à l’intégration de nouveaux contribuables, dans le cadre de l’exploitation du recensement national des propriétés imposables. Au titre de la fiscalité indirecte, les impôts sur les biens et services intérieurs ont été mobilisés à hauteur de 1718,1 milliards de FCFA en 2023 contre 1499,9 milliards de FCFA en 2022 (+14,6%). Selon la DPEE, cette progression est la résultante de la mobilisation satisfaisante de la TVA intérieure (+25%), de la TVA à l’importation (+19,4%) et de la taxe sur les activités financières (+34%). Concernant la TVA intérieure, sa performance est portée par les activités des secteurs secondaire et tertiaire. Au niveau du secondaire, la hausse des collectes de la TVA est liée à la progression des paiements des sous-secteurs des BTP et des industries extractives. Pour le secteur tertiaire, la TVA est portée par les sous-secteurs des banques et services financiers et des services portuaires et aéroportuaires ainsi que les transports et les télécommunications.
Au niveau du cordon douanier, les impôts sur le commerce extérieur et les transactions (droits de porte) ont été recouvrés à hauteur de 463,5 milliards de FCFA contre un montant de 488,4 milliards de FCFA en 2022, soit une contraction de 5,1%. « Cette contreperformance traduit l’impact des renoncements sur les droits de porte, dans le cadre des mesures de soutien pour lutter contre l’inflation », explique la DPEE. Quid des dépenses publiques ? En cumul à fin 2023, elles sont évaluées par la DPEE à 4803,6 milliards de FCFA contre 4590,4 milliards de FCFA à fin 2022, soit une progression de 4,6%. « Ce relèvement est attribuable à la hausse des charges, notamment les intérêts sur la dette et la masse salariale », note la DPEE. Toutefois, cette dynamique a été atténuée par l’évolution modérée des dépenses d’investissement et la réduction des dépenses de fonctionnement. En effet, les charges d’intérêt sur la dette publique et la rémunération des salariés ont enregistré des hausses respectives de 48,1% et 14,9%, pour se situer respectivement à 569,0 milliards et 1267,0 milliards en 2023. La progression de la masse salariale traduit l’effet des mesures de revalorisation salariale des agents de la fonction publique.
Quant aux intérêts sur la dette, leur évolution est impactée par la forte appréciation du dollar et le relèvement des taux d’intérêt sur les marchés financiers. Concernant les investissements (composés des dons en capital et des acquisitions nettes d’actifs non financiers), ils sont estimés en hausse de 5,9%, sous l’impulsion des dépenses financées sur ressources extérieures. De leur côté, les dépenses courantes (hors salaires et intérêts), se sont contractées de 11,6%, en liaison avec le repli des transferts et subventions qui ont chuté de 14,0%, passant globalement de 1458,3 milliards de FCFA à 1253,4 milliards de FCFA entre 2022 et 2023. Selon la DPEE, en termes de financement, la couverture du déficit budgétaire chiffré à 915,4 milliards a été effectué par des acquisitions nette d’actifs financiers à hauteur de 954,5 milliards et une accumulation nette de passifs de 1871,8 milliards en 2023. Cette dernière est répartie entre l’extérieur et l’intérieur pour des montants respectifs de 1090,1 milliards de FCFA et 781,7 milliards de FCFA.
