Les six membres du gouvernement de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) ont été installés le 1er mars 2024 à Yaoundé, la capitale du Cameroun. A leur tête, Yvan Sana Bangui, le nouveau gouverneur de l’institut d’émission commun aux six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), désigné le 9 février 2024 lors de la 41ème session extraordinaire de la conférence des chefs d’État. Le Centrafricain, qui vient de passer 19 ans à la BEAC à des postes divers, dont celui, tout récent, de directeur central des systèmes d’information, remplace le Tchadien Mahamat Abbas Tolli dont le mandat de 7 ans expirait le 6 février 2024.
Mays Mouissi, le ministre gabonais de l’Économie et des Participations, en sa qualité de président du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), a également procédé à l’installation officielle du Congolais Michel Dzombala, vice-gouverneur de la BEAC, du Tchadien Mahamat Djibrine, directeur général des études, finances et relations internationales, de l’Equato-guinéen Miguel Engonga Obiang Eyang, secrétaire général, du Camerounais Eugène Blaise Nsom, directeur général du contrôle général, et du Gabonais Jean-Clary Otoumou, directeur général de l’exploitation. Ces derniers avaient été nommés en mars 2023 à l’occasion du renouvellement du gouvernement de la banque centrale, en marge de la 15ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat de la CEMAC.
Au cours de la cérémonie du 1er mars 2024 à Yaoundé, le président de l’UMAC a invité les élus du jour « à travailler sans relâche, dans la cohésion, le strict respect des textes en vigueur, ainsi que les règles d’éthique et d’intégrité qui ont toujours caractérisé la Banque centrale ». Pour le ministre gabonais, « c’est ensemble, sous le sceau de la transparence et de la bonne gouvernance que vous parviendrez à agir plus efficacement et à écrire une nouvelle phase de notre prestigieuse institution commune ».
Des recommandations que le néo promu, Yvon Sana Bangui, s’est approprié, promettant de poursuivre les efforts menés par son prédécesseur pour enrayer l’inflation dans la zone CEMAC. «La priorité pour nous c’est de consolider la stabilité monétaire et financière, en vue notamment de maintenir la croissance. Nous ne pouvons y arriver qu’en conjuguant nos efforts, pour relever tous les défis qui s’imposent aujourd’hui. Il faut réajuster les visions, réajuster les programmes, réajuster les axes stratégiques et amorcer véritablement les réformes qui doivent rendre résiliant notre zone CEMAC », a-t-il déclaré au sortir de la cérémonie.
Pour rappel, ce discours du gouverneur de la BEAC est conforme à son programme, détaillé dans son dossier de candidature d’une trentaine de pages soumis à l’analyse des chefs d’Etats de la sous-région. Dans ce document, Yvon Sana Bangui proposait déjà une restructuration du fonctionnement de la BEAC. «Les dispositions des statuts confèrent un pouvoir excessif aux dirigeants de l’institution en général, et au gouverneur en particulier. Cet excès de pouvoir est aussi bien perceptible dans le domaine assez technique de la gestion de la politique monétaire que dans celui de l’administration au quotidien de la banque», indique-t-il dans son programme. Pour y remédier, il a notamment proposé l’instauration d’une obligation de rendre compte à tous les personnels de la banque centrale.
