Dans un rapport rendu public le 20 février 2024, le Fonds monétaire international (FMI) révèle qu’entre août et septembre 2023, le Cameroun n’a pas remboursé à temps sa dette (dont le montant n’a pas été indiqué, ndlr) vis-à-vis de la Banque européenne d’investissement (BEI). Le FMI excipait d’“erreurs techniques mineures et passagères” pour justifier ces retards qui, pour certains, s’étaient étendus sur cinq jours, seuil de tolérance pour le règlement des dettes bilatérales. En conséquences, l’institution financière multilatérale considère que ces retards traduisent les défaillances du système de gestion de la trésorerie du Cameroun. Pour que l’institution de Bretton Woods considère ces retards de paiement comme des arriérés externes, Yaoundé devrait accuser 30 jours de retard après la date d’échéance.
Même son de cloche du côté de l’agence de notation financière américaine Moody’s. Qui, dans un communiqué en date du 26 février 2024, justifie sa posture par le fait que “ces retards de paiement de la dette concernaient un créancier multilatéral et non des créanciers privés”. La clémence de Moody’s est d’autant compréhensible qu’elle attribue cette situation aux tensions se trésorerie que connaît le Cameroun en ce moment. Et qui sont le fait, selon Moody’s, de “l’augmentation des dépenses de sécurité engagées pour juguler la guerre asymétrique imposée par Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise qui secoue les régions anglophones, la volatilité des recettes pétrolières, le niveau encore élevé des subventions aux carburants”.
L’agence note cependant que, dans un contexte de durcissement des conditions financières mondiales, le Produit intérieur brut (PIB) du pays est en nette et perpétuelle croissance. Passant de 3,9% en 2023 à 4,5% en 2024. Ce qui augure de perspectives budgétaires stables.
Pour rappel, ce n’est pas la première fois que le FMI signale que, dans le cadre de ses revues, le Cameroun a enregistré des retards de paiement envers des créanciers extérieurs. Début août 2023, il annonçait qu’entre janvier et novembre 2022, le pays avait retardé, parfois de deux semaines et plus, le règlement de sa dette bilatérale (principal et intérêts) vis-à-vis de la filiale espagnole de la Deutsche Bank. A la suite, les agences de notation financière Moody’s et Standard and Poor’s (S&P) avaient abaissé la note du Cameroun de B2 (Stable) à Caa1 (Stable) pour l’une, et de B- à SD (défaut sélectif) pour l’autre.
