L’usine de traitement d’uranium de la Somaïr (Société des mines de l’Aïr), filiale du groupe français Orano au Niger, a recommencé à produire très progressivement après une interruption de plusieurs mois qui faisait suite au coup d’Etat militaire de juillet, selon une annonce faite le 16 février 2024 par la direction. « Elle a redémarré tout doucement depuis ce week-end », a en effet déclaré Nicolas Maes, le directeur général d’Orano, en marge de la présentation des résultats annuels du groupe à la presse.
D’après la direction, le groupe a finalement « réussi à récupérer un certain nombre de réactifs, en volume réduit pour le moment » pour permettre le redémarrage de la production de manière très sporadique. Toutefois, les enjeux sont de continuer à « alimenter l’usine avec les réactifs dont elle a besoin », puis de « trouver des voies pour exporter l’uranium », a souligné Nicolas Maes, surtout qu’il faut allier des canaux « à la fois sûres », et qui respectent « les différentes sanctions ».
En rappel, c’est suite au coup d’Etat intervenu le 26 juillet 2023 au Niger que l’usine de traitement de minerai d’uranium avait réduit sa production puis avait été placée en maintenance anticipée début septembre. Le groupe français avait expliqué que les sanctions commerciales, financières et économiques imposées au Niger par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont des effets domino sur le bon fonctionnement des activités de l’usine et bloquent l’approvisionnement en produits réactifs, essentiels à la production du concentré d’uranium naturel. Le site faisait alors face à l’épuisement des stocks de réactifs chimiques essentiels au maintien de sa production, du fait de la fermeture des frontières de pays voisins du Niger.
Située dans la région d’Arlit au nord-ouest du pays, la Somaïr (Société des mines de l’Aïr) est détenue à 63,4 % par Orano, l’ex-Areva, et à 36,66 % par SOPAMIN (Société du patrimoine des mines du Niger). L’usine permet de produire le concentré d’uranium naturel – le Yellow cake – à partir de l’uranium extrait de la mine. A sa sortie de la mine, l’uranium est concassé puis mis en solution à l’aide de réactifs chimiques. L’uranium est ensuite commercialisé auprès de clients électriciens, afin d’être converti et enrichi, en vue de la fabrication du combustible destiné aux centrales nucléaires.
Le Niger fournit 4,7% de la production mondiale d’uranium naturel selon les chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA).




