Cela peut paraître paradoxal pour un pays qui depend à 70 % du Nigeria sur le plan énergétique et qui en a été sevré du jour au lendemain. C’est en tout cas ce qui ressort du protocole d’accord signé le 17 février 2024 à Niamey. Le Niger sous embargo de la CEDEAO a décidé d’exporter du gasoil vers ses voisins, notamment le Tchad, le Burkina Faso et le Mali.
Asphyxié économiquement par les sanctions de la CEDEAO, le Niger veut exploiter son principal atout, les hydrocarbures, pour atténuer les effets de la crise. Avec sa raffinerie de Zinder d’une capacité d’environ 20 000 barils par jour (gasoil et essence), exploitée par la société de raffinage de Zinder (SORAZ) détenue à 40 % par le Niger et à 60 % par la China National Petroleum Corporation (CNPC), Niamey cherche des capitaux pour faire face à l’impact des sanctions.
La mise en service en novembre 2023, d’un gigantesque oléoduc pour l’exportation et la commercialisation du pétrole via le port de Cotonou au Bénin, de la production du champ pétrolier d’Agadem rend vraisemblablement crédible la signature de ce partenariat. L’accord note également que des discussions sont en cours avec le Togo pour bénéficier plus tard des exportations d’hydrocarbures nigériennes.
