Le 9 février, Moody’s a encore dégradé la note de crédit du Niger pour la troisième fois depuis le coup d’Etat du 26 juillet dernier, la faisant passer de Caa2 à Caa3. Les titres de dette notés Ca présentent un caractère hautement spéculatif et sont probablement en situation de – voire proche du – défaut tout en offrant un certain potentiel de récupération en principal et en intérêts.
L’agence de notation s’inquiète particulièrement de l’accumulation des impayés de Niamey, évalués à 300 milliards de FCFA (490 millions de dollars) sur le marché financier régional. Cette spirale d’impayés du Niger du Général Abdourahamane Tchiani, Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie du Niger, porte en elle les germes d’une crise majeure des systèmes financier et bancaire de l’Union monétaire ouest africaine, un espace commun où les 8 pays membres peuvent solliciter les investisseurs à des conditions uniques sur le continent africain. Sur l’aspect bancaire, la BCEAO a pris une mesure provisoire en annonçant la non prise en compte de la règle de provisionnement sur les impayés du Niger. Une disposition transitoire qui rassure les banques les plus exposées.
Face à la situation, Moody’s s’inquiétait il y a trois semaines du risque d’un quelconque retrait du Niger, du Mali et du Burkina Faso de l’UEMOA. Les trois pays ont annoncé leur intention de quitter la CEDEAO mais ne se sont pas encore prononcés sur une éventuelle sortie de la zone monétaire. A suivre.
