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Robert Badinter, père de l’abolition de la peine de mort

Robert Badinter est décédé à 95 ans le 9 février 2024. Homme de conviction, sa carrière est jalonnée d’engagements pour les droits de l’homme et la justice. En tant qu’avocat, il a défendu plusieurs condamnés à mort, expérience qui a renforcé sa conviction de l’inhumanité et de l’inefficacité de la peine de mort. Sa plaidoirie…

Robert Badinter est décédé à 95 ans le 9 février 2024. Homme de conviction, sa carrière est jalonnée d’engagements pour les droits de l’homme et la justice. En tant qu’avocat, il a défendu plusieurs condamnés à mort, expérience qui a renforcé sa conviction de l’inhumanité et de l’inefficacité de la peine de mort. Sa plaidoirie la plus célèbre est sans doute celle pour Patrick Henry en 1976, où, malgré la gravité du crime, il a réussi à éviter à son client la peine capitale, en plaidant pour la vie contre la mort.

C’est en 1981, en tant que Garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le gouvernement de François Mitterrand, que Robert Badinter joue un rôle décisif dans l’histoire de la justice française. Il présente le projet de loi visant à abolir la peine de mort devant l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981. Sa prise de parole, empreinte d’humanité et de rationalité, reste dans les mémoires comme un moment fort de l’histoire parlementaire française. Le projet de loi est adopté, et la France abolit officiellement la peine de mort le 9 octobre 1981. L’engagement de Robert Badinter ne s’arrête pas aux frontières de la France. Il devient une figure de proue du mouvement international contre la peine de mort, plaidant pour son abolition universelle. Son action est motivée par une conviction profonde : la justice doit réparer et réinsérer, non venger.

Aujourd’hui, plus de quarante ans après l’abolition de la peine de mort, la tendance est plutôt pour le retour. « Ce qui me frappe aujourd’hui, écrit Jean-François Kahn, journaliste fondateur de « L’Evénement du jeudi » et de « Marianne dans son hommage au plus illustre des ministres de Miterran, « c’est le hiatus entre l’hommage unanime qui lui est rendu par les intellectuels et les politiques, de droite et d’extrême-droite inclus, et l’hostilité que je lis sur les réseaux sociaux parmi les internautes du « Figaro » ou de Cnews. Cela doit nous rappeler que dans les sondages, une majorité s’exprime pour le rétablissement de la peine de mort. Je crois savoir que maître Badinter, lui-même, redoutait ce recul ».

Cet homme de culture est l’auteur de nombreux ouvrages et même d’un livret d’opéra. L’un de ses derniers livres, « Idiss » (2018), est consacré à sa grand-mère maternelle, née dans le « Yiddishland » de l’empire tsariste.

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