Ce 8 février à Abuja, à l’invitation de Yusuf Maitama TUGGAR, ministre des Affaires étrangères du Nigeria et président en exercice du Conseil ministériel de Médiation et de Sécurité (CMS), une session extraordinaire dudit Conseil s’est tenue.
La Commission de la CEDEAO a fait le point sur le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté, trois pays réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
En janvier 2024, ces trois États membres ont officiellement notifié leur intention de quitter la CEDEAO, invoquant plusieurs griefs, notamment un écart perçu par rapport aux idéaux panafricains, l’influence de puissances étrangères, un sentiment d’abandon dans la lutte contre le terrorisme, et l’imposition de sanctions jugées inappropriées.
Cette décision marque une détérioration significative des relations, exacerbée par des coups d’État dans les pays concernés et des sanctions visant à encourager un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
La Commission a rappelé ses efforts de médiation, y compris la levée de certaines sanctions et l’ouverture au dialogue, malheureusement entravés par des réponses hostiles et populistes de la part des autorités de transition des États membres concernés.
Face aux justifications de ces derniers pour leur retrait, la CEDEAO a réfuté les accusations, soulignant la légalité des sanctions contre le Niger, l’absence de pression extérieure sur ses décisions, l’engagement continu envers l’intégration régionale, et ses efforts constants contre l’insécurité et le terrorisme.
La Commission a réitéré que les raisons avancées par les trois États membres pour justifier leur retrait ne constituent que de la poudre aux yeux, cachant la véritable raison qui est leur intention de ne pas remplir leurs obligations au titre du traité et du protocole. En particulier, ils n’ont nullement l’intention de renoncer, dans un futur proche, au pouvoir politique qu’ils ont obtenu par des voies non constitutionnelles. Leur position pourrait être interprétée comme un stratagème visant à détourner l’attention de l’insistance de la CEDEAO sur le rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel.
La Commission a également critiqué la démarche de retrait comme une tentative de détourner l’attention de leur réticence à céder le pouvoir et à s’engager dans une transition démocratique. Elle a souligné les conditions formelles d’un retrait de la CEDEAO, qui nécessitent un préavis d’un an, pendant lequel l’État membre doit continuer à respecter ses obligations.
La réunion a révélé une profonde inquiétude quant aux implications de ce retrait, non seulement pour l’intégration régionale mais aussi pour les populations des États membres concernés. Le Conseil de médiation et de sécurité a appelé à la révision de cette décision et à l’utilisation du dialogue et de la médiation comme moyens de résolution des conflits.
En conclusion, malgré les défis actuels, la CEDEAO reste engagée à maintenir l’unité régionale et à soutenir ses membres à travers le dialogue, la médiation et une collaboration étroite avec d’autres organisations régionales et internationales.
La Commission appelle à une mobilisation plus large, incluant les acteurs traditionnels et civils, pour aborder ces problèmes de manière constructive, tout en réitérant la nécessité d’une action collective contre le terrorisme dans la région.
