Réuni le 2 février 2024, le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) s’est prononcé sur le projet de loi portant autorisation au régulateur d’octroyer des facilités au profit de la Trésorerie générale de la Tunisie. L’instance a souligné l’importance pour la banque centrale, « dont le mandat est de veiller à la stabilité des prix, de rester vigilante quant aux répercussions latentes d’un tel financement ».
En effet, le texte qui émane du gouvernement prévoit d’approuver une autorisation exceptionnelle à la BCT en vue qu’elle puisse accorder des facilités au Trésor public remboursable sur une période de 10 ans sans intérêts, et avec une période de grâce de trois ans. Cette enveloppe servira à financer une partie du déficit budgétaire au titre de l’exercice 2024.
A la veille de la réunion du conseil d’administration, le gouverneur Marouane El Abassi avait exposé, devant la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), les éventuelles répercussions du financement direct de la BCT du déficit budgétaire de l’Etat. Il a fait savoir, entre autres, que le prêt que le gouvernement compte contracter auprès de l’institut d’émission n’exacerbera pas l’inflation, mais entraînera une baisse des réserves en devises de 14 jours d’importation, outre le fait qu’il aura une incidence sur le taux de change.
A la fin janvier 2024, les réserves de change se sont élevées à 25,9 milliards de dinars (ou 118 jours d’importation) contre 22,4 milliards et 97 jours une année auparavant.




