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Sénégal: Macky Sall reporte les présidentielles du 25 février (les raisons avancées) 

Dans un discours lu à la télévision ce samedi 3 février à 14 heures GMT, soit après plus de deux heures par rapport au timing initial annoncé, le président sénégalais Macky Sall, a annoncé le report de l’élection présidentielle du 25 février 2024. Principale raison avancée : un différend  entre l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel,…

Dans un discours lu à la télévision ce samedi 3 février à 14 heures GMT, soit après plus de deux heures par rapport au timing initial annoncé, le président sénégalais Macky Sall, a annoncé le report de l’élection présidentielle du 25 février 2024. Principale raison avancée : un différend  entre l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel, “en conflit ouvert sur fond d’une supposée affaire de corruption de juges”, déclare Macky Sall. Ce différend est né du rejet de la candidature de Karim Wade, candidat du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), présumé détenir une autre nationalité que la sénégalaise.
Les partisans du fils de l’ancien président Abdoulaye Wade accusent deux des 7 jugés du conseil constitutionnel de soupçon de corruption et de conflit d’intérêt. Un dossier qui a atterri à l’assemblée nationale laquelle a décidé, par une résolution du 31 janvier 2024, soutenue par les députés de la coalition Wallu (PDS et alliés) et ceux de la coalition présidentielle Benno Baok Yaakar, 

de mettre en place une Commission d’enquête parlementaire. Le but, precise Macky Sall, “éclairer sur le processus de vérification des candidatures et sur tout autre fait se rapportant à l’élection”.

En réaction, le Conseil constitutionnel a, dans un communiqué du 29 janvier 2024 signé par tous ses membres, a réfuté les allégations portées contre lui, tout en prenant la mesure de la gravité des accusations, et en tenant à ce que toute la lumière soit faite dans le respect des procédures constitutionnelles et légales régissant les relations entre les institutions, notamment la séparation des pouvoirs et le statut de ses membres.

A cette situation “suffisamment grave et confuse” aux yeux de Macky Sall, est venue s’ajouter la polémique sur une candidate dont la bi-nationalité a été découverte après la publication de la liste définitive des candidats par le Conseil constitutionnel ; ce qui constitue une violation de l’article 28 de la Constitution qui dispose que « tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise ».

De l’avis du président de la république, “ces conditions troubles pourraient gravement nuire à la crédibilité du scrutin en installant les germes d’un contentieux pré et postélectoral”. Et le chef de l’Etat de poursuivre dans la même direction. “Alors qu’il porte encore les stigmates des violentes manifestations de mars 2021 et de juin 2023, notre pays ne peut pas se permettre une nouvelle crise”. 

“J’ajoute qu’en ma qualité de Président de la République, garant du fonctionnement régulier des Institutions, et respectueux de la séparation des pouvoirs, je ne saurais intervenir dans le conflit opposant le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire.

Devant cette situation, l’Assemblée nationale, agissant en vertu de ses prérogatives, m’a saisi, pour avis, conformément à son règlement intérieur, d’une proposition de loi constitutionnelle en procédure d’urgence portant dérogation aux dispositions de l’article 31 de la Constitution”.

Macky Sall dit avoir pris acte de cette saisine après avoir consulté le Président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre, le Président du Haut Conseil des collectivités territoriales, le Président du Conseil économique, social et environnemental et le Président du Conseil constitutionnel.

En conséquence, “compte tenu des délibérations en cours à l’Assemblée nationale réunie en procédure d’urgence, et sans préjuger du vote des députés, j’ai signé le décret n° 2024-106 du 3 février 2024 abrogeant le décret n° 2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du corps électoral”.

Seule certitude s’il en est encore une, l’engagement du président de ne pas se  présenter à l’élection présidentielle. Et de promettreun dialogue national ouvert, afin de réunir les conditions d’une élection libre, transparente et inclusive dans un Sénégal apaisé et réconcilié.

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