-Le Mali et le Burkina Faso font chemin inverse
-La BCEAO émet un avis important sur le traitement comptable et prudential des expositions sur les titres publics de l’Etat du Niger.
Exclu de facto du marché des titres publics de UMOA-Titres depuis les sanctions prises au lendemain du coup d’Etat du 26 juillet 2023, le Niger est au bord de l’asphyxie financière. Le pays qui accumule 7 impayés accumulés ne figure pas dans les programmes des émissions des États sur le guichet des titres publics au titre de 2024 à l’inverse du Mali et du Burkina Faso, les deux autres membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui ont respectivement programmé 1 440 milliards de FCFA et 1 220 milliards de FCFA de levées durant l’année en cours.
Par ailleurs , le Niger suscite des craintes légitimes du système bancaire régional. D’où l’avis 002 -01- 2024 publié par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) le 22 janvier 2024 relatif au traitement comptable et prudential des expositions sur les titres publics de l’Etat du Niger.
Dans cet avis, la BCEAO autorise, à titre temporaire, les établissements de crédit a maintenir dans la catégorie des créances saines leurs expositions sur les titres publics de l’État du Niger. « Ces encours devront toutefois être enregistrés dans un compte spécifique à l’intérieur de la catégorie des créances saines. Le principe de contagion ne s’applique pas à ces expositions. Les établissements de crédit concernés communiquent à la BCEAO et à la Commission Bancaire de l’UMOA, les informations relatives à l’évolution de leurs expositions sur les titres publics de l’Etat du Niger, selon le canevas joint au présent Avis, au plus tard le 5 de chaque mois ».
Autrement dit, les banques exposées n’auront pas à provisionner les créances en souffrance sur les titres de l’Etat du Niger lequel se voit de facto dans la liste rouge des investisseurs régionaux.
Face à ces restrictions, Niamey aura du mal à faire face aux charges de fonctionnement de l’Etat et de l’armée ainsi qu’au bon fonctionnement des services de base. Dans sa programmation 2024 adoptée par ordonnance du général Abdourahmane Thiani, il est prévu un budget d’environ 2 653 milliards de FCFA en baisse de 18%. Notons que ce coup de frein intervient après une amputation de 40% du budget de 2023 par rapport à celui de 2022. Reste à savoir comment, dans ces conditions extrêmes, réaliser la croissance de 7,9% prévue dans ledit Programme de résilience pour la sauvegarde de la patrie (PRSP).
