Nouveau coup de boutoir de l’Algérie contre son voisin de l’Ouest, tous deux engagés dans des pipelines concurrents sur le gaz nigérian. Dans une note du 10 janvier 2024 dont Financial Afrik a copie, Rachid Belaid, Délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), informe les acteurs bancaires de l’interdiction de domiciliation de toute opération de domiciliation pour les contrats de transport prévoyant le transbordement et le transit par les ports marocains. Concrètement, les banques algériennes sont tenues de s’assurer au préalable que les marchandises ne proviennent pas et ne transitent pas par le Maroc. Une mesure sévère destinée selon les experts à contrer la part grandissante de Tanger Med sur la Méditerranée, seul débouché de l’Algérie sur la mer. Déjà en 2021, Alger avait interdit son espace aérien aux aéronefs marocains.
La note intervient le jour même où, informe le site marocain Le360, se tenait la réunion du Haut conseil de sécurité algérien, en présence du président Abdelmadjid Tebboune et du chef d’état-major de l’armée, le général Saïd Chengriha. Au cours de cette réunion, il a été fortement question du Mali, voisin Algérien au Sud, qui accuse Alger de soutenir les groupes séparatistes. Alger s’inquiéte surtout du rapprochement spectaculaire entre Rabat et Bamako ainsi que de l’offre maritime offerte par le royaume chérifien aux trois pays de l’Alliance du Sahel, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger . Afin de ne pas perdre le Sahel, le pays au million de martyrs renforce sa coopération économique avec la Mauritanie. La route Zouératt -Tindouf sur 775 km évoquée lors de cette réunion revet un caractère stratégique. Reste à assurer le financement et l’exécution de ce projet qui a accusé du retard. Il en est de même de la ligne maritime devant relier Alger à Nouakchott. Tiraillée entre les deux pays, Nouakchott continue de faire prévaloir le concept de « neutralité positive » en tentant de tirer son épingle du jeu.
La décision subite prise par les autorités mauritaniennes d’augmenter de les taxes douanières de 171% au passage frontalier d’El Guerguerat, reliant le Maroc à la Mauritanie et par extension à l’espace de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), est elle un message adressée à Rabat concernant cette alliance du Sahel qui consacre de facto la mort du G5 ou encore un message vis-à-vis du futur Port Atlantique de Dakhla, destiné à devenir un hub majeur en Atlantique. Justement, ce projet génerait les généraux algériens qui tout en soutenant activement le Polisario, mouvement séparatiste qui revendique le sud-marocain, n’ont jamais fait de mystères de leurs objectifs d’avoir un jour un accès à l’Atlantique un peu dans le modèle de contrat entre l’Ethiope et le Somaliland.



