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Je reviens de Misrata (Libye)

Par Dia El Hadji Ibrahima La cité aux vieilles traditions commerçantes et urbaines porte encore les stigmates d’un printemps arabe qu’il va falloir un jour en expliquer le sens au delà du romantisme populaire. Misrata accueille le visiteur matinal par des bourrasques d’au frais, vagues mélanges de poissons frais, de légumes et de sonorités locales…

Misrata et son port datant du 12 ème siécle ont survécu.

Par Dia El Hadji Ibrahima

La cité aux vieilles traditions commerçantes et urbaines porte encore les stigmates d’un printemps arabe qu’il va falloir un jour en expliquer le sens au delà du romantisme populaire. Misrata accueille le visiteur matinal par des bourrasques d’au frais, vagues mélanges de poissons frais, de légumes et de sonorités locales diffuses. La ville martyre de la révolution libyenne symbolise la résilience sous fond de souvenirs douloureux de la guerre civile encore fraîche dans les mémoires. Après le long manteau de la révolution, Misrata renaît de ses cendres avec le statut de nouveau poumon économique de la Libye post Kadhafi. Avant 2010, la cité portuaire ne comptait pas plus de 300 mille habitants, des autochtones pour la plupart. En 2023, la princesse du Golfe de Syrte est passée à plus d’un million d’habitants devenant la troisième ville de Libye après Tripoli et Benghazi.

L’hospitalité à Misrata est générale. L’organisation et la structuration du secteur public et privé font de cette ville un pôle attractif au moment où les autres cités cherchent encore à retrouver leur équilibre social et sécuritaire. A Misrata, les bonnes affaires explosent. Une nouvelle génération de chefs d’entreprises commence à se démarquer par la créativité. Des projets structurants prennent forme. A l’exemple de la zone franche nouvellement restructurée dans un emplacement géographique hautement stratégique qui s’étant sur une superficie de 539ha, offrant aux promoteurs nationaux et internationaux des terrains propices à l’investissement dans les secteurs industriels, agroalimentaire, commercial, touristiques et les services en général.

Plus de 40 nationalités se bousculent aux portes de Misrata pour prospecter ou s’implanter. L’on y croise des turcs, des qataris mais aussi des africains subsahariens, échoués sur les rivages de Misrata après un long périple par monts et par vaux, le balai à la main.

La ville reçoit plus d’un million cinq cents mille passagers (1,5 million) par an à travers son aéroport, fruit du partenariat entre le gouvernement et le secteur privé. Un modèle de partenariat réussi et probablement exportable dans les autres régions libyennes. La ville de Misrata a son charme et pour le découvrir, il faudra y passer au moins une nuit et une journée. Fini les armes. La ville qui a compté jusqu’à 200 milices au plus fort de la guerre civile entend se reconstruire économiquement et se poser en force de solutions dans la reconstruction de la Libye.

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