En Guinée, alors que la nouvelle année se profile, l’attente d’un retour à l’ordre constitutionnel demeure un sujet brûlant, discuté dans chaque foyer, chaque marché, chaque carrefour. Cependant, les vœux présidentiels prononcés le 31 décembre 2023 dans une ambiance générale de restrictions de l’accès à l’Internet et aux ondes semblent avoir omis cette préoccupation majeure, laissant une nation dans l’expectative. La date butoir du retour à l’ordre constitutionnel avant le 31 décembre 2024, n’a pas eu l’honneur d’être mentionnée dans le discours d’un président davantage concentré sur des réalisations économiques et des réformes procédurières.
Certes, le bilan économique, vanté par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) au pouvoir depuis septembre 2021, n’est pas négligeable. La mise en circulation de centaines de kilomètres de routes revêtues et en terre est une avancée tangible, un pas vers le désenclavement et l’intégration économique des régions rurales, comme l’a souligné Mamadi Doumbouya, le président de la transition. L’emploi de 20 000 fonctionnaires pour pallier le déficit en ressources humaines qualifiées dans l’administration publique est également louable. Ces efforts, notamment dans le projet d’extraction de Simandou, un investissement entre 15 et 20 milliards de dollars, promettent des retombées économiques conséquentes.
Néanmoins, ces réussites ne sauraient occulter la lenteur de la transition politique. Le chronogramme de transition vers l’ordre constitutionnel divise les Guinéens.
La promesse présidentielle d’une nouvelle Constitution, loin du copier-coller comme l’a promis Doumbouya, fait craindre une sortie de route. L’équilibre délicat entre progrès économique et développement démocratique reste en définitive un vœu pieu qui passe par le retour à l’ordre constitutionnel.
