Prévu pour s’achever en juillet 2024, le programme de réformes économiques du Cameroun a été prorogé le 20 décembre 2023 par le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI). L’information est révélée le 21 décembre 2023 dans un communiqué du ministre camerounais des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze. Selon lequel cette prorogation permet « d’approfondir d’autres problématiques émergentes, à l’instar de la réduction des risques liés au changement climatique ».
Cette prorogation rentre dans la logique du communiqué du FMI du 17 novembre 2023. Dans lequel l’institution financière multilatérale basée à Washington, aux Etats-Unis, annonçait être « parvenue à un accord avec le Cameroun [sur la prorogation], jusqu’en juillet 2025, du programme économique et financier triennal (juillet 2021-juillet 2024) appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) ». Entre autres conséquences, souligne le Minfi, « cette prorogation s’accompagne d’un accès à des ressources supplémentaires pour permettre au gouvernement de disposer de marges budgétaires additionnelles, à l’effet de mener à bien ces réformes ». Dans le même temps, le FMI affirmait que ce nouvel accord avec le Cameroun va permettre au pays de bénéficier d’un financement supplémentaire de 145,4 millions de dollars.
Autres appuis budgétaires
Par ailleurs, cette prorogation ouvre la porte à l’afflux d’appuis budgétaires venant d’autres partenaires financiers. Il en est de la Banque africaine de développement (BAD) qui vient d’approuver un prêt de 74,25 millions d’euros au Cameroun pour la mise en œuvre de la première phase du Programme d’appui au redressement du secteur de l’électricité (Parsec). L’institution financière panafricaine basée à Abidjan en Côte d’Ivoire envisage, pour janvier 2025, un autre financement de 30,94 millions d’euros.
« La prorogation approuvée par le FMI, selon les autorités camerounaises, va contribuer au rétablissement de la viabilité de la dette, de limiter l’inflation et de réduire le déficit budgétaire. » Dans cette optique, le pays entend réduire encore le déficit primaire hors pétrole pour le ramener à moins de 2% du Produit intérieur brut (PIB) et l’encours de la dette publique à 40% du PIB en 2024. Des projections encouragées par celles du FMI qui font passer l’encours de la dette publique de 45% du PIB fin 2022 à moins de 42% fin 2023.
Pour rappel, le 20 décembre 2023, le conseil d’administration du FMI a également approuvé le décaissement de près de 45 milliards de FCFA en faveur du Cameroun. Ce qui porte à environ 345 milliards de FCFA, le total des décaissements effectués depuis le début du programme triennal en cours, conclu le 29 juillet 2021. Les autorités camerounaises indiquent que, du fait de ce programme, le pays pourrait récolter environ 770 milliards de FCFA au titre d’appuis budgétaires. Dans le détail, le Cameroun attend 380 milliards de FCFA du FMI, le reste étant sensé provenir d’autres bailleurs de fonds tels que la BAD, la Banque mondiale, l’Union européenne (UE) et la France.
