Le Donald Trump argentin fait parler de lui. Elu le 19 novembre 2023 par 55, 65 % des voix, Javier Milei, la tronçonneuse en bandoulière, a mis à exécution l’une de ses premières promesses de campagne en dévaluant la monnaie nationale, le Peso, de 50% sous les hourras du FMI. L’institution monétaire internationale a salué « de premières actions audacieuses visant à améliorer considérablement les finances publiques de manière à protéger les plus vulnérables ». Objectif de cette dévaluation soudaine, stopper une hyperinflation devenue structurelle en Argentine.
Le nouveau président qui a supprimé 300 normes pour attirer les investisseurs, s’est aussi illustré en supprimant 15 ministères jugés « inutiles ». Le ministère de la Culture a été supprimé le 11 décembre, soit 24 heures après la prestation de serment de celui qui estime que cette matière n’est pas une priorité. Le populiste et ultra-libéral a également supprimé le « Ministère de la Femme, du Genre et de la Diversité ». Certains ministères ont été fusionnés pour faire des économies. Cas des ministères du Développement social, de l’Éducation, du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale regroupés dans un ministère du Capital humain. Ou encore des ministères des Travaux publics, des Transports, de l’Énergie, des Mines et des Communications qui formeront un vaste département dédié aux infrastructures.
En tout, le nombre de ministres est ramené de 21 à 9 et des secrétaires d’Etat de 106 à 54. Economiste libertaire, anarcho-capitaliste, Milei a coupé sur les subventions du gaz et de l’électricité et compte introduire des restrictions au droit de grève. Pour le moins, l’admirateur de Donald Trump n’est pas allé jusqu’à supprimer la « Banque Centrale » comme il l’avait promis. Reste à savoir si la thérapie de choc proposée aux argentins passera sans remous. Aux premiers manifestants qui s’étaient rassemblés contre la politique d’austérité du nouveau président, il a été réclamé 60 millions de pesos, soit environ 73 000 dollars, pour … compenser les frais engagés par l’État pour sécuriser la manifestation.
