Dès juillet 2024, l’exportation de bois en grumes sera interdite à partir de la Guinée équatoriale. L’annonce est faite par le vice-président Teodoro Obiang Nguema Mangue, via son compte X (ancien Twitter). « Seules seront admises les entreprises de transformation et de fabrication de meubles et produits dérivés », écrit celui qui est présenté comme le « successeur » de son père, le président de la République, Teodoro Obiang Nguema Mbazogo.
Cette annonce n’est pas la première du genre en Guinée équatoriale. En effet, en 2018, dans le but de transformer localement le bois et de promouvoir l’industrialisation, le chef de l’État équato-guinéen avait déjà signé un décret allant dans le sens d’interdire les exportations de bois en grumes. Seulement, suite aux plaintes des exploitants forestiers, la mesure avait été levée. Les autorités équato-guinéennes excipaient alors de leur volonté de « conserver nos forêts et respecter les engagements internationaux et de la CEMAC sur le changement climatique ».
En tous les cas, après le Gabon qui a interdit l’accès du marché mondial à ses grumes depuis 2010, la Guinée équatoriale est le second pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à le faire. Le Cameroun est sur cette voie depuis 2017 avec l’application d’un droit de sortie aux grumes de 17,5% de la valeur Free on board (FOB). La loi de finances 2024 prévoit le faire passer à 75% à partir de 2024.
Pour rappel, depuis 2020, la CEMAC a adopté une mesure communautaire de suspension commune dont l’application a été reportée à deux reprises. D’où certainement les initiatives prises au niveau de chacun des pays de cet espace sous-régional.
Les autorités communautaires justifient leurs atermoiements par « le manque à gagner que les États seront appelés à supporter », selon l’ancien président de la commission de la CEMAC, Daniel Ona Ondo. Qui estimait que « pour le Cameroun, par exemple, ce manque à gagner est évalué à 80 milliards FCFA représentant les taxes produites par l’exportation d’environ 2,4 millions de m3 chaque année ».
