En Guinée Bissau, le Bureau de Communication et de Relations Publiques de la Présidence de la République a annoncé la dissolution du parlement, effective dès aujourd’hui. Cette décision, officialisée par un décret signé par le Président Umaro Sissoco Embalo, intervient à la suite des événements survenus les 30 novembre et 1er décembre derniers.
Le communiqué de la présidence détaille ces événements, mentionnant notamment « l’assaut contre les cellules de la Police Judiciaire à Bissau, mené par un groupe armé de la Garde Nationale, en dépit de l’inaction du Gouvernement ». Cette action est qualifiée de tentative de subversion de l’ordre constitutionnel ayant entraîné des pertes en vies humaines.
Selon le communiqué, cet assaut de la Garde Nationale révèle des liens de complicité avec des réseaux de « grande corruption et des intérêts politiques profondément ancrés dans l’appareil d’État ». Le décret présidentiel pointe du doigt l’Assemblée nationale pour ne pas avoir défendu l’application stricte de la Loi de l’Exécution Budgétaire ni exercé son rôle de surveillance des actions gouvernementales lors du dernier débat parlementaire sur le détournement de fonds publics. La présidence accuse l’Assemblée de défendre des membres de l’Exécutif soupçonnés de corruption, au détriment des intérêts supérieurs de l’État.
Le Président Embalo considère l’attaque de la Garde Nationale comme une tentative manifeste de déstabilisation de l’État. « Devant cette tentative de coup d’État par la Garde Nationale, et face à des indices accablants de complicité politique, le fonctionnement normal des institutions républicaines est devenu intenable. Ces faits marquent l’émergence d’une crise politique grave », déclare-t-il. En conséquence, le Président de la République a émis un décret, basé sur les articles 69 et 70 de la Constitution, comprenant trois points principaux :
ARTICLE 1°
L’Assemblée Nationale Populaire de la XIe législature est dissoute.
ARTICLE 2°
La date des prochaines élections législatives sera fixée ultérieurement, en accord avec l’article 68°, alinéa f) de la Constitution.
ARTICLE 3°
un Décret Présidentiel qui ne passera pas comme une lettre à la poste pour une opposition qui avait largement remporté les dernières élections législatives.




