Geert Wilders promet l’arrêt immédiat de l’aide publique au développement
Séisme politique aux Pays Bas, cinquième économie d’une Union Européenne en grand danger à moins de sept mois des élections européennes. Avec la victoire du parti néerlandais d’extrême droite islamophobe de Geert Wilders, mercredi 22 novembre 2023, aux élections législatives, le vieux continent, pas encore remis du Brexit, doit envisager le pire. Le PVV (Parti de la liberté) promet l’arrêt immédiat de l’aide au développement et un référendum sur l’adhésion des Pays-Bas à l’Union européenne. Le «Nexit» ne relève pas de l’impossible.
Durant la campagne, Geert Wilders s’est forgé une posture anti-immigration qui a fait mouche, promettant l’expulsion des immigrés illégaux et l’interdiction du port de voile dans les bâtiments gouvernementaux. L’homme qui va jusqu’à traiter les marocains de «racailles » collectionne les démélés avec la justice sur le thème de la la haine raciale. Son programme prévoit le rétablissement du contrôle aux frontières néerlandaises et le permis de travail pour les travailleurs intra-UE.
En matière de politique étrangère, le PVV promet de se rapprocher d’Israêl, de fermer sa représentation diplomatique à Ramallah et d’ouvrir une ambassade à Jérusalem. Geert Wilders qui participait à sa sixième élection devrait inspirer de nombreux leaders européens d’extrême droite comme Marine Lepen en France, qui rêvent du grand soir. Rester à savoir si ce discours xénophobe prospérera une fois aux prises avec les réalités du pouvoir. Félicité par le Hongrois Viktor Orban, l’homme à la crinière peroxydée devra tempérer son discours s’il veut constituer une alliance nécessaire pour aller au-delà de ses 37 sièges (sur 150) et gouverner.
L’alliance gauche-écologistes de Frans Timmermans est arrivée deuxième avec 25 sièges (+8), tandis que le VVD (Parti populaire pour la liberté et la démocratie, centre droit, du premier ministre sortant Mark Rutte) a remporté 24 sièges (-10). En dehors des Pays Bas, ce résultat aura des conséquences en Europe.
Sans élus actuellement au Parlement européen, le PVV pourrait y faire son entrée en renforçant les rangs du groupe Identité & Démocratie au côté notamment de l’extrême droite italienne, du Rassemblement national (RN) français et du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en tête des sondages. «Je me félicite de cette victoire parce que Geert Wilders et son mouvement sont des alliés du RN, ils participent du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen et ils démontrent que de plus en plus de pays au sein de l’Union européenne, d’abord contestent son fonctionnement, et souhaitent que l’on puisse à nouveau maîtriser une immigration qui est considérée par beaucoup de peuples européens comme massive et totalement anarchique», s’est réjouie la cheffe du groupe RN à l’Assemblée, ce jeudi 23 novembre sur France Inter.
