La junte militaire du Gabon vient d’effectuer le premier versement de 1,1 million de dollars pour son obligation bleue, dans le cadre d’un échange dette-nature totalisant 500 millions de dollars. Cette annonce, faite par l’organisation américaine The Nature Conservancy, impliquée dans la conception de l’opération, marque un tournant dans la gestion de la dette du pays.
L’accord, signé juste avant le renversement du président Ali Bongo, est le premier du genre en Afrique. Il vise à convertir la dette nationale en financements pour des projets de conservation, grâce au soutien de la Corporation de Financement du Développement International des États-Unis (DFC), qui offre une assurance contre les risques politiques.
Cependant, ce premier paiement intervient dans un contexte troublé. Le coup d’État a entraîné la suspension de la majorité de l’aide américaine au Gabon, bien que la DFC maintienne son soutien. Malgré les assurances de la junte sur la gestion de la dette et l’organisation d’élections en 2025, les prix des obligations gabonaises, y compris de l’obligation bleue, demeurent affectés, restant inférieurs à leurs niveaux pré-coup d’État.
Ce contexte politique instable soulève des interrogations quant à l’impact du coup d’État sur la confiance des investisseurs envers cette obligation bleue. Le marché a déjà connu des difficultés initiales, avec des retards dus aux banquiers tentant de finaliser l’accord. Ainsi, l’avenir de cette initiative novatrice, bien que prometteuse pour l’équilibre entre développement économique et conservation environnementale, reste incertain face aux réalités politiques du Gabon.
