La mission onusienne au Mali (MINUSMA) s’était retirée précipitamment du Nord Mali, le 31 octobre 2023, dans le flou, alimentant bien des théories du complot. En laissant Kidal aux mouvements rebelles dont des factions islamistes radicales pour cause de “force majeure”, interprète -t-on, la MINUSMA donne raison à la junte au pouvoir et à ceux qui estiment que le pays se dirigeait tête baissée vers une partition de fait. Comment expliquer autrement l’accélération des événements qui se déroulent depuis le retrait des forces françaises de Barkhane, suivies de celles de l’ONU ?
Un mois plus tard, l’armée malienne prend contrôle de la cité, capitale de l’hypothétique Azawad. En effet, dans un message retransmis par la télévision nationale (ORTM), mardi 14 novembre 2023, le président de la Transition, Assimi Goita, annonce la nouvelle à ses concitoyens qui sont spontanément descendus dans la rue pour fêter “la victoire de l’unité nationale”. Le message de Goïta marque un tournant dans la reconquête de l’unité perdue et la lutte contre le terrorisme. « Aujourd’hui, nos Forces armées de sécurité se sont emparées de Kidal ».
Le président malien, qui vient ainsi de donner le coup de grâce à l’accord d’Alger, fonde l’offensive militaire dans la résolution 2690 (2023) des Nations Unies, sujette à interprétation. Mais Bamako le sait, aussi importante soit-elle, cette conquête de Kidal ne représente qu’une victoire d’étape. Plus que le terrain rocailleux du Nord Mali, il va falloir faire accepter aux experts onusiens et aux diplomates européens qu’ils se sont trompés en maintenant tout un pays dans un statu quo coûteux de dix ans ayant gangrené tout le Sahel.
Pour rappel, Kidal était depuis 2013 sous le contrôle de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), une alliance de groupes armés à dominante touarègue.
