La nomination de Nadir Larbaoui, 74 ans, au poste de Premier ministre d’Algérie, le 11 novembre 2023, marque un frémissement dans la politique de ce pays engagé dans sa dernière ligne droite vers les élections présidentielles de décembre 2024. Directeur de cabinet à la présidence de la république depuis mars 2023, ce discret diplomate a été choisi directement par président de la République Abdelmadjid Tebboune, 77 ans, inquiet de la montée des prix des produits alimentaires en interne et légèrement agacé par les intentions prêtées à son désormais ancien premier ministre de caresser le rêve d’un grand soir.
Les rapports du président s’étaient distendus avec le premier ministre sortant Aymen Benabderarrahmane, devenu encombrant dans ses prises de positions, notamment sur l’Union Africaine et la Ligue Arabe, susurrent des sources bien informées. Les motifs du limogeage de M. Benabderrahmane, en poste depuis juin 2021, n’ont pas été précisés, mais, selon le site d’information Interlignes « un changement de l’exécutif était dans l’air depuis un moment déjà ».
Ancien représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Nadir Larbaoui est le troisième premier ministre en quatr ans. Un fauteuil d’autant plus éjectable que le président souhaite se représenter face à une opinion publique algérienne avide de changement.
En tant que Premier ministre, Larbaoui , ancien joueur de l’équipe nationale de handball, sera donc confronté à la tâche ardue de mettre en œuvre des réformes économiques et sociales dans un pays aux prises avec des défis économiques, notamment la diversification loin des hydrocarbures et la lutte contre le chômage. Sa vision de modernisation de l’économie algérienne et de renforcement des institutions démocratiques est considérée comme cruciale pour l’avenir du pays.
Sur le front international, Larbaoui a la responsabilité de naviguer dans un paysage géopolitique complexe. Avec l’Algérie aspirant à jouer un rôle clé dans la région du Maghreb et en Afrique dans sa rivalité historique avec le Maroc, sa capacité à forger des alliances stratégiques et à gérer les relations avec les puissances mondiales sera essentielle pour la position du pays sur la scène mondiale.
