Au 35ᵉ jour du conflit Israélo-palestinien, le sommet arabo-Islamique tenu samedi 11 novembre 2023 à Riyadh, en Arabie Saoudite, a exigé un « cessez-le-feu immédiat ». Mais le communiqué final obtenu après d’âpres négociations reflète plus de divergences que de convergences et révèle, ainsi que l’écrit le site tunisien Kapitalis, “une impuissance assumée”. Les divergences de vue actuelles offrent un parfait contraste à l’unité affichée lors du premier choc pétrolier en 1973, une période révolue.
L’Iran, la Syrie et l’Algérie voulaient des sanctions économiques et la suspension des approvisionnements de l’État Hébreu en produits pétroliers. Une option rejetée par l’Arabie Saoudite, Bahreïn et les Émirats Arabes Unis, des pays en cours de normalisation avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham parrainés par les États-Unis.
Faute d’entente sur les sanctions économiques, ce sommet qui consacrait une rencontre inédite entre le président iranien Ebrahim Raissi et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, une première depuis la réconciliation entre les deux pays en mars 2023, a quand même réussi à condamner les actions » barbares » des forces israéliennes à Gaza. Le communiqué final appelle aussi à la levée du siège de l’enclave palestinienne et à l’introduction de l’aide humanitaire.
Les participants au sommet ont rejeté la thèse de » légitime défense » brandie par Israël et exigé que le Conseil de sécurité des Nations unies adopte » une résolution décisive et contraignante » pour mettre fin à » l’agression » israélienne.
Au final, l’on retiendra les petits commentaires divergents comme ceux du syrien Bachar el-Assad, qui opère son retour au sein de la Ligue Arabe pour la première fois depuis 2011 et qui a notamment appelé à privilégier les actes plutôt que les paroles face à la guerre entre Israël et le Hamas.
» Si nous ne disposons pas de véritables outils de pression, toute mesure que nous prenons ou tout discours que nous prononçons n’a aucune signification « , a-t-il déclaré, précisant qu’aucun pays du Moyen-Orient ne devrait s’engager dans un » processus politique » avec Israël, y compris dans le développement de relations économiques, tant qu’un cessez-le-feu durable n’aura pas été conclu. Une ligne proche de celle défendue par le président iranien. “Maintenant que les organisations internationales sont devenues inutiles, nous devons jouer un rôle « , a déclaré Raïssi exhortant les pays musulmans à » rompre toute relation politique et économique » avec Israël, que l’Iran ne reconnaît pas.
L’iranien a en outre insisté sur » un boycott commercial du régime sioniste, en particulier dans le domaine de l’énergie « . Incisif, Ebrahim Raïssi a accusé les États-Unis d’être » le principal partenaire » d’Israël » dans ses crimes « . » L’Amérique est en fait entré directement dans la guerre en envoyant des navires » dans la Méditerranée orientale, martèle-t-il.
S’adressant au sommet, le Hamas a de son côté demandé, dans un communiqué, « l’expulsion » de tous les ambassadeurs israéliens « des pays arabes et musulmans et le rappel de tous les ambassadeurs de ces pays ». Le Moyen-Orient s’est embrasé depuis le 7 octobre avec une incursion meurtrière du mouvement Hamas en terre israélienne. Cette attaque a fait environ 1.200 morts côté israélien, en majorité des civils, selon des chiffres officiels israéliens, alors que les bombardements sur Gaza ont tué plus de 11.000 personnes, dont une majorité de civils et d’enfants selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.
