Malgré les exigences et les difficultés pour développer les systèmes de paiement instantané et inclusif (SIIPS) en Afrique, neuf pays dont 3 « stars » sortent du lot avec des progrès notoires (stade avancé). C’est ce que relève le rapport publié par AfricaNenda, une organisation indépendante qui milite pour l’accélération de la croissance des SIIPS Afrique. Le document, qui fait l’état des lieux sur le continent, a été présenté les 8 et 9 novembre 2023 à Addis-Abeba (Ethiopie) lors d’une cérémonie sponsorisée par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et la Banque mondiale.
Il s’agit du Ghana, du Malawi et de la Zambie et des 6 pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad. Le document relève notamment 3 systèmes nationaux au Ghana, au Malawi et en Zambie, et un système régional, le GIMAC Pay, dans la CEMAC.
Le Ghana, un cas d’école
AfricaNenda estime que le Ghana est (toujours) le modèle d’école en SIIPS en Afrique avec des avancées significatives dans ce domaine. D’ailleurs, souligne-t-elle, des représentants de banques centrales et d’opérateurs switch de paiement de plusieurs pays africains étaint à Accra, au mois de mai dernier, pour étudier le système de paiement instantané et interopérable, le Ghana Interbank Payments and Settlement System (GhIPSS), l’un des plus avancés du continent.
Si l’on se fie aux études de la plateforme, GhIPSS a traité en moyenne 18 millions de paiements instantanés par mois depuis fin 2022, permettant ainsi à ce vaste écosystème d’interopérabilité de regrouper 55 institutions financières et de faciliter les transferts de fonds sur différentes plateformes de paiement au Ghana.
Progrès et défis
Les travaux montrent que les SIIPS ont progressé passant de 29 systèmes de paiement instantané (SPI) en 2022 à 32 SPI en 2023 (nationaux et régionaux mis en service sur le continent), soit une hausse de 10 %. Une performance due au lancement de 3 nouveaux SPI, en Éthiopie, au Maroc et en Afrique du Sud au cours des douze derniers mois,
Pour leurs parts, le volume et la valeur totale des paiements traités ont connu une croissance rapide depuis 2018, de respectivement 47 et 39 %. En Afrique, les SPI ont pris en charge près de 32 milliards de transactions en 2022, pour un montant total d’environ 1200 milliards de dollars.
Toutefois, le document souligne que même si des progrès ont eu lieu pour les SIIPS, les défis à relever sont nombreux. Il s’agit, entre autres, de rendre inclusifs les SPI, de faciliter l’interopérabilité des transactions de paiement dans les pays, d’instaurer une réglementation « efficace », capable de prendre en charge l’évolution des systèmes de paiement. Ceci afin d’atteindre un taux d’inclusion financière aux standards mondiaux d’ici 2030.




