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Cameroun : Paul Biya crée un comité de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Le 30 octobre 2023, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, a créé le comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Le décret y afférent a été lu le même jour en soirée sur les antennes de…

Le 30 octobre 2023, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, a créé le comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Le décret y afférent a été lu le même jour en soirée sur les antennes de l’Office de radio-télévision du pays (CRTV). Les missions de comité sont fixées par l’article 2 de ce décret dont Financial Afrik a pu obtenir copie.

Ainsi, outre « l’assistance des pouvoirs publics, les acteurs économiques, sociaux, financiers et non financiers, monétaires, ainsi que la population dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive et de les sensibiliser sur la nécessité de cette lutte », le comité est chargé, entre autres « d’appuyer l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) dans la coordination et le suivi des exercices d’auto-évaluation et d’évaluation mutuelle du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive ».

Réponse au GAFI

A l’analyse, cette disposition sonne comme une réponse de Paul Biya au Groupe d’action financière (GAFI) qui, le 23 juin 2023, avait inscrit le Cameroun sur la liste grise dans sa liste grise constituée de juridictions sous surveillance renforcée. Cet organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme estimait alors que le Cameroun ne s’était engagé à lutter efficacement contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme sur son territoire.

Ce que les autorités camerounaises avaient reconnu. Elles s’étaient donc engagées à élaborer un plan d’action afin d’être retiré de la liste grise de l’institution internationale. Notamment par des enquêtes suivies de poursuites contre les auteurs présumés d’infractions relatives au financement du terrorisme, le renforcement du contrôle financier afin d’améliorer la mise en œuvre des mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme (LB/FT). Mais surtout par la mise en place d’un mécanisme permettant d’accéder en temps utile à des informations adéquates, exactes et actualisées sur les bénéficiaires effectifs des personnes morales.

Cette attitude « positive » avait été soulignée par le secrétaire exécutif adjoint du GAFI, Vincent Schmoll, dans une interview publiée le 19 juillet 2023 par l’hebdomadaire à capitaux publics spécialisé dans l’information économique et financière, Cameroon Business Today.

Meilleure coordination

Le décret signé par le chef de l’État camerounais viendra certainement mettre fin à la cacophonie observée sur ses champs d’application, même si les principaux acteurs tentent souvent de nier cette situation. En effet, le comité créé par Paul Biya sera également chargé d’« assurer une meilleure coordination des services de l’État impliqués [dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive] ». Il s’agit de l’ANIF, de la Commission nationale anti-corruption (CONAC), du ministère en charge du Contrôle supérieur de l’État (Consupe), du Tribunal criminel spécial (TCS), de la Chambre des comptes, entre autres. Dans la même veine, les 26 membres de cette nouvelle structure sont chargés de « conduire les travaux d’évaluation des risques et d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive ».

Pour rappel, la publication de ce décret présidentiel intervient quelques jours après la publication du 12ème rapport annuel de la CONAC. Qui révèle le recul de la corruption au Cameroun. En effet, ce rapport indique qu’en un an, l’État a gagné près de 40 milliards de FCFA grâce à la lutte contre la corruption. Les mécanismes mis en place pour y arriver, ainsi que le décret présidentiel signé le 30 octobre 2023 par le chef de l’État camerounais, pourraient amener le GAFI à lever la menace de poursuivre sa traque contre le Cameroun. Et à stopper le processus de son inscription sur sa liste noire.

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