En Mauritanie, le procureur a requis mardi 20 ans de prison ferme contre l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, 66 ans, jugé depuis janvier 2023 à Nouakchott pour abus présumé de pouvoir et enrichissement illicite. Au terme d’un long réquisitoire de 3 heures 15 minutes, le maître des poursuites a été on ne peut plus affirmatif. « Tous les éléments entre les mains de la justice prouvent la constitution d’un crime », a dit le magistrat Ahmed Ould Moustapha. Il a aussi réclamé la confiscation des biens de celui qui a dirigé de 2008 à 2019 ce pays charnière entre l’Afrique du nord et l’Afrique subsaharienne. L’ancien président, présent lors de l’audience, est resté impassible face à la réquisition.
En outre, le procureur a requis des peines de 10 ans de prison ferme contre les deux anciens Premiers ministres et contre deux ministres, ainsi que la confiscation de leurs biens. Il a requis cinq ans de prison contre les autres prévenus.
Pour rappel, le collectif de défense de l’ancien chef d’État, jugé entre autres pour enrichissement illicite, s’était retiré de l’audience il y a deux semaines pendant la plaidoirie et le tribunal avait refusé leur demande de faire comparaître de nouveaux témoins dans l’affaire. Deux nouveaux avocats avaient été alors commis d’office pour prendre la relève. Mais l’équipe initiale est finalement revenue.
