Mercredi 16 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

La France à l’épreuve du conflit israélo-palestinien 

Alors que les agences onusiennes, parmi lesquelles l’OMS et l’Unicef, ont déclaré samedi que les hôpitaux de Gaza étaient «submergés» de blessés, et que les enfants «meurent à un rythme alarmant» dans le territoire palestinien ciblé par les frappes israéliennes, la France, patrie des droits de l’homme, se cherche dans son soutien inconditionnel affiché à…

Alors que les agences onusiennes, parmi lesquelles l’OMS et l’Unicef, ont déclaré samedi que les hôpitaux de Gaza étaient «submergés» de blessés, et que les enfants «meurent à un rythme alarmant» dans le territoire palestinien ciblé par les frappes israéliennes, la France, patrie des droits de l’homme, se cherche dans son soutien inconditionnel affiché à un gouvernement d’extrême droite en Israël et ses valeurs de pays berceau des droits de l’homme. La rupture avec la ligne historique de la diplomatie française ne passe pas. 

Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a vertement critiqué dimanche 22 octobre le déplacement de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’assemblée nationale, en Israël lui reprochant de « camper à Tel Aviv pour encourager le massacre » à Gaza. «Pas au nom du peuple français ! », a posté Jean-Luc Mélenchon sur le réseau social X, alors que la présidente de l’Assemblée achevait un déplacement en Israël dimanche soir.

Pour illustrer son propos, il a partagé une vidéo de la manifestation qui a eu lieu à Paris place de la République demander l’arrêt des opérations militaires d’Israël à Gaza. « Voici la France », a-t-il également écrit.

https://x.com/jlmelenchon/status/1716104403076190592?s=46&t=vOF_mUFROvhbMQhTRLS44A

Cette nouvelle polémique témoigne du bras de fer entre les deux narratifs qui se disputent la France depuis les attaques perpétrées par le Hamas le 7 octobre en territoire israélien et qui ont fait 1 400 morts.

La France officielle, l’Elysée en tête, condamne une attaque terroriste et soutien Israël dans ses représailles sous forme de bombardements qui ont déjà fait 4 651 morts, dont 40 % d’enfants, et 14 245 blessés depuis le 7 octobre, a annoncé dimanche le ministère de la santé gazaoui.

De l’autre côté, des voix contestataires condamnent les attaques du Hamas mais tout en déplorant la punition collective imposée au peuple de Gaza. Face aux images et à la pression de la rue, la voix officielle peine à s’imposer. 

Menacé de mort, ses coordonnés exposés sur des sites d’extrême droite, Jean-Luc Mélenchon a refusé de qualifier le mouvement islamiste palestinien Hamas d’organisation « terroriste », après son attaque il y a dix jours contre Israël. « Évidente et totale solidarité avec Jean-Luc Mélenchon », a déclaré sur X (ex-Twitter) mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure, même si les deux hommes sont en froid au sein de la Nupes.

L’apprêté du débat est tel que le footballeur Karim Benzema, né en France, se voit menacé du retrait de sa nationalité à cause de son soutien affiché au peuple palestinien. 

L’ancienne vedette des bleus a même 

été accusée par le ministre français de l’intérieur Gérald Darmanin d’être « en lien notoire avec les Frères musulmans » , une organisation islamiste née en Égypte , à la suite de da publication sur X adressant « toutes (ses) prières pour les habitants de Gaza victimes une fois de plus de ces bombardements injustes qui n’épargnent ni femmes, ni enfants”.

Karim Benzema « n’a jamais eu la moindre relation » avec les Frères musulmans, a réagi dans un communiqué Me Hugues Vigier, l’avocat du footballeur, disant envisager de déposer plainte contre M. Darmanin pour diffamation ou injure publique.

Mercredi, la sénatrice LR Valérie Boyer avait demandé, si les accusations du ministre de l’Intérieur étaient avérées, la « déchéance de nationalité » pour Karim Benzema.

Reprenant la polémique au profit de sa cause, le président de Reconquête! Éric Zemmour a estimé sur France 2 que Karim Benzema, « c’est un musulman qui veut appliquer la charia, et la charia prévoit le jihad, et le jihad ça veut dire tuer Dominique Bernard, ça veut dire tuer Samuel Paty » . « Je fais un lien direct » , a-t-il ajouté.

La France se voit ainsi au cœur du conflit avec, au delà de la polémique, une trentaine de ses ressortissants morts depuis l’attaque du Hamas en Israël et sept Français portés disparus. “Ils pourraient faire partie des otages retenus par le Hamas” selon Emmanuel Macron qui se rendra mardi en Israël.

Face au lourd bilan des morts, le 

président des Etats-Unis a annoncé, dimanche, avoir discuté avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, « de la manière dont Israël doit agir selon les lois de la guerre ». « Nous ne pouvons pas renoncer à une solution à deux Etats », a ajouté Biden face à une opinion publique américaine traumatisée par le lourd bilan des civils.

En France, la meilleure synthèse viendrait certainement d’un footballeur Eric Cantona appelant à faire la distinction entre le gouvernement israélien et le peuple d’Israël. Défendre les droits humains des Palestiniens ne veut pas dire être pro-Hamas, rappelle Cantona. Dire « liberté pour la Palestine » ne veut pas dire être antisémite or « vouloir que tous les Juifs disparaissent ».» Selon l’ancien attaquant des Bleus, âgé de 57 ans, «liberté pour la Palestine» signifie «liberté pour les Palestiniens de l’occupation israélienne qui les a volés de leurs plus basiques droits humains depuis 75 ans».

Partager :f????in

Financial Afrik Premium

Lisez la finance africaine comme un professionnel

Accès illimité à 30 000 articles, archives 2013-2026, magazine PDF mensuel, alertes mots-clés, base de données dirigeants et newsletters premium.

à partir de 9 € / mois · sans engagement