Les récentes déclarations du ministre tunisien de l’Economie, Samir Saied, sur la nécessité pour son pays de signer un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) afin de rassurer les marchés financiers, n’ont pas été du goût du président Kais Saied. Qui l’a démis de ses fonctions ce mardi 17 octobre.
En effet, Samir Saied soutenait, dans une déclaration faite le même jour à l’agence de presse officielle TAP, que les banques « s’interrogent sur les négociations de la Tunisie avec le FMI », et que « tout accord donnerait un signal fort au reste des financiers ». Une sortie immédiatement sanctionnée par le président qui se dit fermement opposé aux «diktats» du FMI. L’intérim a été confié à la ministre des Finances, Sihem Boughdiri, jusqu’à la nomination d’un nouveau ministre de l’Economie.
Des économistes estiment que Kaïs Saïed rejette systématiquement les réformes proposées par le FMI à son gouvernement, en particulier pour les subventions. Une posture qui a fini par remettre en question l’accord signé avec l’institution en octobre 2022 pour un nouveau crédit de 1,9 milliard de dollars.
Les conditions de l’accord prévoyaient un prêt sur quatre ans en échange d’engagements à réduire la masse salariale de la fonction publique, à réformer les entreprises publiques et à démanteler les subventions aux produits de base.
Pour ces experts, la Tunisie, en proie à une grave crise financière, risque un défaut de paiement extérieur de sa dette souveraine.
Dans ses déclarations contre le FMI, le président Kaïs Saïed appelait en juillet dernier à la création d’une nouvelle institution financière mondiale afin de remplacer l’institution.
La dette de la Tunisie devrait s’établir à 139,9 milliards de dinars à fin 2024, contre 127,1 milliards de dinars (44,05 milliards USD) prévus pour l’exercice 2023, soit une augmentation d’environ 12 milliards de dinars selon le projet du budget de l’Etat pour 2024, résultant d’un déficit budgétaire de 10 milliards de dinars (3,14 milliards USD) et des répercussions du taux de change.
