La dette de la clientèle domestique (privée et industrielle) envers la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) s’élève à plus de 250 milliards de FCFA. L’information est donnée au cours d’une réunion de crise que le Premier ministre a présidé le 11 octobre 2023 avec le directoire de l’entreprise qui assure le service public de l’eau potable et de l’électricité sur toute l’étendue du territoire gabonais.
Et ce n’est pas tout. En effet, depuis la fin de la concession avec Veolia en 2018, la SEEG est en difficulté. Ainsi, selon les responsables du Syndicat national des travailleurs du secteur de l’eau et de l’électricité (Syntée+), de 2019 à 2021, l’entreprise n’a pas clôturé ses comptes. Provoquant alors des pertes évaluées à 30 milliards de FCFA en 2022. Ce, malgré un financement de 100 milliards de FCFA par le groupe BGFI Bank pour des projets de développement en eau et en électricité.
Pis encore, en 5 ans, la SEEG a vu défiler directeurs généraux. Tous soupçonnés de « détournements et d’enrichissements illicites ainsi que les cadres dirigeants, ce qui s’ajoute à une absence de maitrise de la masse salariale, à une prolifération de sous-traitants au sein de l’entreprise et une faiblesse de trésorerie ». Une situation qui est un véritable souci pour les autorités de la transition. Qui craignent un dépôt de bilan après le diagnostic catastrophique établi par les syndicats-maisons.
La déliquescence de l’entreprise est telle que le président du conseil d’administration de la SEEG, Christophe Jocktane Lawson, admet que « nous avons plusieurs problèmes en termes d’efficacité de la gestion courante en ce qui concerne notamment la mise au pas de nos collègues ». Il explique la situation par le fait que « l’augmentation des prix de combustibles ont vraiment fragilisé notre exploitation et ne sont pas traduits par une revalorisation de nos prix de vente ».
Du coup, le PCA sollicite du gouvernement « la recapitalisation de l’entreprise ». Une solution bottée en touche par le chef du gouvernement. Raymond Ndong Sima indique à ce propos que « je ne suis pas sûr que recapitaliser la société réglerait le problème ». Et pour cause, il estime que « le début du problème ce n’est pas dans le corps de métier même de la SEEG ».
