Envoyé spécial.
La très attendue conférence de presse du président de la Banque Mondiale, Ajay Banga, ce 11 octobre à Marrakech était surtout l’occasion de voir si l’institution a changé. La constance reste toujours l’«éradication de la pauvreté» mais, précise d’emblée le successeur de David Malpass, dans une «planète vivable».
Le concept usité du changement climatique avec des interprétations variant des pays du Nord à ceux du Sud Global est au cœur de la vision du nouveau président. D’où la démarche de la World Bank qui va consacrer 50% de ses fonds à l’atténuation et 50% à l’adaptation.
L’autre axe défendu par le nouveau président est l’inclusion des jeunes et des femmes, notamment des femmes entrepreneurs.
Du reste, la Banque Mondiale travaillera à augmenter sa capacité d’intervention à travers des garanties et d’autres mécanismes comme le capital hybride, en alternative aux augmentations de capital connues pour leur facteur diluant. Ce sera l’un des points d’achoppement entre le nouveau président et les États contributeurs.
L’autre aspect des nouvelles orientations porte sur la réduction des délais de traitement des dossiers qui vont jusqu’à 27 mois entre la demande et l’approbation. Pour Ajay Banga, la BM doit être plus efficiente. «Des partenaires se plaignent que la Banque comporte des silos, comme IFC, MIGA, IDA…Nous essayons de faire en sorte que ces institutions travaillent ensemble pour plus d’efficacité ».
S’agissant de l’Afrique, celui qui tient à ce qu’on l’appelle simplement par son prénom, Ajay, s’est montré partisan de l’intégration. «Les échanges de produits agricoles d’un pays africain à l’autre sont à encourager car moins cher et plus impactant ».
La Banque Mondiale nouvelle version soutient la commission de la Zone de libre échange continental (ZLECA) et encourage le commerce intra -régional. Parlant de la pandémie, Ajay appelle les africains à fabriquer les médicaments et vaccins sur place en s’appuyant sur les leviers de la coopération et en recourant aux génériques.
Quant au chef économiste de la Banque Mondiale, Indermit Gill, il s’est attardé sur le contexte du resserrement des taux, prédisant des difficultés pour les pays aux dettes publiques élevées. Durant la crise des années 70, quelque 24 pays s’étaient retrouvés en défaut. L’on n’en est encore loin aujourd’hui mais la situation requiert une discipline sans faille dans la gestion budgétaire. La Banque Mondiale cherche à créer un cadre unique de dette pour les pays OCDE et les pays émergents comme la Chine?




