Face au durcissement des conditions d’emprunt sur les marchés financiers internationaux, le Nigeria va encore une fois recourir au marché local de la dette. En effet, l’Etat fédéral, à travers son bureau de gestion de la dette (DMO), a émis un Sukuk de 150 milliards de nairas (environ 318 millions USD) sur le marché local, afin de financer près de 53 projets routiers dans le pays.
L’information a été révélée par la directrice générale du DMO, Patience Oniha, en marge d’un forum d’investisseurs tenu le 5 octobre à Abuja.
Cette opération vise essentiellement à accélérer le développement de l’infrastructure routière confrontée à un manque de financement notoire.
Dans les détails, l’obligation islamique de début octobre sur le Nigerian Stock Exchange aura une maturité de 10 ans (2023/2033) avec un taux de location de 15,75 % par an. Ce Sukuk donnera une opportunité pour les investisseurs de souscrire à un Ijarah Sukuk à 10 ans.
La période d’abonnement est facturée pour une durée de 9 jours courant du 3 au 11 octobre avec une date de règlement fixée au 13 octobre.
Cette transaction cible principalement les investisseurs particuliers et institutionnels, et verra la participation de FGN road FGN Road Sukuk Company (FGN RSC 1). Cette dernière propose des souscriptions par l’intermédiaire de Greenwich Merchant Bank Limited, Stanbic IBTC Capital Limited et Vetiva Capital Management Limited.
À l’image de tous les pays africains, la première économie du continent est confrontée à un déficit budgétaire depuis plusieurs années, lié à un accroissement des dépenses totales au détriment des recettes totales. Si l’on se fie aux statistiques officielles, le déficit budgétaire global du Nigeria s’élève à 1,3 milliard USD au premier semestre, représentant 4,78 % du PIB estimé pour cette année.
Face à cette situation, le pays fait recours au marché financier local et international pour financer certains de ses projets, mais également rembourser d’autres dettes avant échéance.

