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Côte d’Ivoire : Libraires et maisons d’édition à couteaux tirés

L’Association des libraires et détaillants de livres de Côte d’Ivoire (ALDLCI) proteste contre un « non-respect des arrêté et décret pris par le gouvernement pour préserver l’éducation nationale en Côte d’Ivoire et favoriser un climat faste pour les libraires ». En ligne de mire, les maisons d’édition parmi lesquelles « les Classiques Ivoiriens », qui…

L’Association des libraires et détaillants de livres de Côte d’Ivoire (ALDLCI) proteste contre un « non-respect des arrêté et décret pris par le gouvernement pour préserver l’éducation nationale en Côte d’Ivoire et favoriser un climat faste pour les libraires ». En ligne de mire, les maisons d’édition parmi lesquelles « les Classiques Ivoiriens », qui n’ont pas hésité à répliquer.

Face à la presse le 1er octobre 2023, à Abidjan, Coulibaly Boubacar, président de l’ALDLCI a énuméré certains articles qui font l’objet de non-respect, entraînant, dit-il, une perte avoisinant les 100 milliards de FCFA dans le secteur de la librairie. « Alors que c’est une activité saisonnière qui ne dure que deux mois », déplore-t-il.

Pour étayer ses propos, le président de l’ALDLCI a cité le décret présidentiel n°2019-103 du 30 janvier 2019 sur les achats institutionnels, la circulaire n°276 du 31 juillet 2023 de la ministre de l’Education nationale, Marietou Koné. Surtout l’arrêté 0045 du 6 septembre 2021 portant interdiction de vente des manuels scolaires et des supports didactiques au sein des écoles et établissement scolaires.

L’article 1 de cet arrêté stipule qu’il est interdit la vente des manuels scolaires et des supports didactiques dans des écoles et établissements scolaires publics et privés. Dans ce même arrêté, article 3, il est précisé que la commercialisation des manuels scolaires et des supports didactiques est du ressort exclusif des librairies. Toutefois, il leur est interdit de vendre ces ouvrages au sein des écoles et des établissements.

Pour Boubacar Coulibaly, « dans la réalité, ce n’est pas ce qui se passe… Encore, il y a un projet qui est en cours appelé le projet  Bourse nationale du manuel scolaire (BONAMAS), qui  est un dispositif de prêt-location de manuels scolaires pour les élèves du premier cycle. L’élève a 8 manuels scolaires pour 10000 FCFA, nous voyons que l’Etat est soucieux de la difficulté des parents; c’est très bien. Mais dans le fond, cela fait entorse au décret qui stipule que dans le cadre de ce projet, on s’adresse exclusivement aux libraires agréés. Cependant, dans le fond, il tue l’activité des libraires ».

Citée dans cette affaire de non-respect des textes, la maison d’édition « les Classiques Ivoiriens » a réagi lundi 2 octobre à son cabinet. Selon son directeur gérant, Drame Boaré, la situation a beaucoup évolué de nos jours.

« J’ai l’impression que l’ALDLCI n’a pas la réalité de la situation. Le problème de la vente des livres dans les écoles est un problème que nous connaissons très bien. (…) Les classiques Ivoiriens travaillent avec la plupart des librairies de la place.  Nos cibles principales sont les libraires, ce n’est nullement ce que prétend l’ALDLCI. Que nous déposions des ouvrages dans les établissements catholiques, c’est complètement faux. 90% de nos ouvrages sont vendus en librairie. Seule une petite partie est commercialisée par les procures parce qu’ils en ont le droit C’est ainsi que nos livres passent par les procures pour se retrouver dans les établissements catholiques », affirme le directeur gérant « les Classiques Ivoiriens ».

« Il faut qu’on soit clair sur ce sujet, nous sommes suffisamment conscients que la chaîne du livre doit être respectée pour que chacun du maillon de la chaîne puisse s’en sortir. Nous sommes conscients que nous sommes dans un pays avec ces difficultés », estime-t-on aux « les Classiques Ivoiriens ».

Cette sortie de la maison d’édition risque de faire perdurer le bras de fer. D’où la necessité pour la ministre de l’Education de mener une médiation devant juguler cette crise.

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