Au deuxième trimestre 2023, le déficit commercial du Sénégal s’est dégradé de 103,8 milliards de FCFA (166,080 millions de dollars), en variation trimestrielle, pour s’établir à 654,7 milliards de FCFA (1,047 milliard de dollars), selon les données de la Direction de la prévision et des études économiques basée à Dakar.
<<Cette situation est imputable à la baisse des exportations (-150,2 milliards) beaucoup plus importante que celle des importations (-52,7 milliards), explique la DPEE dans sa note de conjoncture de la période sous revue. Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations s’est replié de 8,3 points de pourcentage pour se situer à 52,5%.
Durant le deuxième trimestre 2023, les exportations de biens sont estimées par la DPEE à 808,2 milliards de FCFA contre 958,4 milliards de FCFA au trimestre précédent, soit un recul de 15,7%. La DPEE signale que cette situation est imputable, principalement, à la baisse des expéditions de produits arachidiers (-60,8 milliards), de produits pétroliers (-29,0 milliards), de légumes frais (-15,9 milliards), d’acide phosphorique (-14,8 milliards), d’engrais minéraux et chimiques (-8,8 milliards) et de ciment (-5,6 milliards). S’agissant de la baisse des exportations de produits arachidiers (-93,8%) et de ciment (-18,2%), elle est liée au recul des quantités vendues, respectivement, de 96,5% et 19,2% ; les prix implicites s’étant renchéris de 74,9% et 1,1%. <<Par ailleurs, note encore la DPEE, la contraction des ventes de produits pétroliers, de légumes frais, d’acide phosphorique et d’engrais minéraux et chimiques est la résultante du fléchissement simultané des quantités exportées (-4,6% ; -25,2% ; -11,8% ; – 35,7%) et des prix implicites (-11,7% ; -47,4% ; -8,4% ; -5,5%).>>
En revanche, le repli des exportations de biens a été atténué par les ventes d’or brut (+22,4 milliards) et de zircon (+7,9 milliards), en relation avec l’augmentation des quantités exportées, respectivement, de 14,3% et 79,2%.
En glissement annuel, les exportations de biens se sont repliées de 8,0% (-69,8 milliards), du fait, notamment, de la baisse des ventes d’acide phosphorique (-39,7 milliards), de produits arachidiers (-19,2 milliards), de titane (-10,0 milliards) et de zircon (-4,7 milliards), sous l’effet d’une baisse des quantités exportées respectivement de 2,7%, 20,1%, 25,9% et 18,4%. Par ailleurs, les prix implicites ont également connu des fléchissements respectifs de 37,3%, 78,5%, 7,7% et 1,3%.
Les exportations de produits halieutiques ont aussi connu une baisse de 22,6% (-29,4 milliards), suite au repli des prix implicites de 95,6%, les quantités exportées ayant augmenté drastiquement (>100%).
Cependant, ce fléchissement des exportations de biens a été amorti par l’augmentation des expéditions de ciment (+12,3 milliards), d’or brut (+11,9 milliards) et d’engrais minéraux et chimiques (+10,9 milliards). Pour l’accroissement des exportations de ciment, la DPEE signale qu’une hausse des quantités exportées (+68,9%) est cumulée à un renchérissement du prix implicite de 16,7%. En outre, la progression des ventes d’engrais minéraux et chimiques est également consécutive à la hausse des quantités (>100%) et des prix implicites (+53,3%).
Quant à la bonne tenue des exportations d’or brut (+8,9%), elle s’explique par l’évolution des quantités vendues (+10,6%).
Sur le premier semestre 2023, les exportations de biens ont enregistré une hausse de 2,8% (+48,6 milliards), comparé à la même période de 2022, à la faveur d’une bonne tenue des expéditions de produits pétroliers (+63,2 milliards), de ciment (+31,2 milliards), d’engrais minéraux et chimiques (+29,3 milliards) et de légumes frais (+6,0 milliards). Ainsi, selon la DPEE, l’accroissement des exportations de produits pétroliers (+22,8%) est consécutif à un relèvement des prix implicites (+28,6%), malgré une baisse des quantités exportées de 4,5%. A l’inverse, les ventes d’acide phosphorique, de produits arachidiers, d’or brut, de zircon et de titane se sont repliées respectivement de 82,0 milliards, 17,9 milliards, 14,4 milliards, 12,8 milliards et 11,4 milliards, sous l’effet d’une baisse simultanée des quantités vendues et des prix implicites. L’évolution en retrait des produits halieutiques (-11,1%) est imputable au repli des prix implicites de 52,4%, les quantités vendues ayant augmenté de 86,7%.
Concernant les importations de biens, elles sont estimées par la DPEE à 1 662,5 milliards de FCFA, soit un repli de 3,1% par rapport au premier trimestre 2023. <<Cette contraction reflète, particulièrement, la baisse des achats d’huiles brutes de pétrole (-69,4 milliards), de machines, appareils et moteurs (-13,9 milliards), des autres produits pétroliers (-12,4 milliards) et fruits et légumes comestibles (-5,3 milliards)>>, avance la DPEE. Néanmoins, ce recul a été atténué par la hausse des achats de riz (+9,4 milliards), de produits pharmaceutiques (+8,5 milliards), de froment et méteil (+8,2 milliards) et de véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles (+6,1 milliards).
La baisse des importations d’huiles brutes de pétrole (-38,0%) résulte du repli simultané des quantités importées (-32,2%) et des prix implicites (-8,5%). Quant au recul des importations de machines, appareils et moteurs (-7,3%), il est dû, selon toujours la DPEE, au repli des prix implicites (-15,9%), les quantités ayant augmenté de 10,1%. L’évolution positive des importations de riz (+12,5%) est consécutive à une hausse simultanée des quantités (+12,2%) et des prix implicites (+0,3%). Par ailleurs, la baisse des achats de fruits et légumes comestibles (-35,6%) est attribuable à celle des quantités achetées (-49,5%).
En glissement annuel, les importations de biens se sont repliées de 8,8% (-160,0 milliards), en rapport avec le recul des importations des autres produits pétroliers (-207,8 milliards), de froment et méteil (-27,7 milliards), de machines, appareils et moteurs (-13,5 milliards) et de maïs (-10,8 milliards). Toutefois, ce recul a été atténué par la hausse des achats d’huiles brutes de pétrole (+113,4 milliards) et de véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles (+9,6 milliards). Le repli des importations des autres produits pétroliers et de froment et méteil est le reflet de la baisse simultanée des quantités importées (-21,3% ; -4,7%) et des prix implicites (-20,9% ; -31,5%). La baisse des importations de maïs s’explique par le fléchissement des quantités importées (-23,8%) et du prix implicite (-11,9%). Pour sa part, le recul observé pour les achats de machines, appareils et moteurs (-7,1%) est engendré par le repli du prix implicite (-14,1%), les quantités ayant augmenté de 8,1%. Concernant la hausse des achats d’huiles brutes de pétrole, elle est favorisée par une augmentation drastique des quantités importées.
Sur le premier semestre 2023, la DPEE note que les importations de biens se sont accrues de 0,5% (+16,8 milliards) pour se stabiliser à 3377,7 milliards de FCFA. <<Cet accroissement reflète l’augmentation des achats d’huiles brutes de pétrole (+296,2 milliards), de véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles (+53,0 milliards) et de fruits et légumes comestibles (+4,2 milliards). Toutefois, cette hausse a été amoindrie par le repli des achats des autres produits pétroliers (-210,0 milliards), de froment et méteil (-31,3 milliards), de machines, appareils et moteurs (-27,0 milliards) et de riz (-9,1 milliards).
