Le président du Rwanda, Paul Kagamé, a déclaré qu’il se présentera pour un quatrième mandat lors de l’élection présidentielle de l’année prochaine. « Oui, je suis en effet candidat », a déclaré M. Kagamé au magazine francophone Jeune Afrique mardi.
Interrogé sur ce que l’Occident penserait de sa décision de se présenter à nouveau, M. Kagamé a déclaré sans ambages : « Je suis désolé pour l’Occident, mais ce que pense l’Occident n’est pas mon problème. « Je suis heureux de la confiance que les Rwandais ont en moi. Je les servirai toujours, autant que je le pourrai. »
M. Kagamé avait laissé entendre en avril dernier qu’il attendait avec impatience de prendre sa retraite et de céder le pouvoir après 23 ans de mandat. Une demie promesse aujourd’hui oubliée.
Le parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR-Inkotanyi), a choisi M. Kagamé comme candidat. À la tête de ce parti depuis 1998, M. Kagamé est président de la nation d’Afrique de l’Est depuis 2000.
Un référendum organisé en 2015 a fait sauter la limite constitutionnelle de deux mandats de sept ans pour les présidents par deux mandats de cinq ans. Mais il a permis à M. Kagamé de se présenter pour un autre mandat de sept ans. Les changements entreraient en vigueur en 2024.
Paul Kagamé a remporté la dernière élection en 2017 avec 98,8 % des voix. Le Rwanda sous la présidence de Kagamé a bénéficié d’une stabilité politique relative, mais les critiques et les groupes de défense des droits de l’homme accusent son gouvernement de limiter les libertés politiques et de réprimer la dissidence.
L’exemple du Rwanda pose la question du choix entre l’efficacité technique et, comme dirait l’autre “la démocratie pour la démocratie” dans le contexte des pays en développement. Kagamé est souvent salué pour avoir apporté une stabilité relative et un développement économique au Rwanda. Son régime a mis en place des politiques efficaces dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la technologie. Cependant, il est aussi critiqué pour les restrictions imposées sur la liberté d’expression et l’opposition politique.
Le référendum de 2015 a changé la constitution rwandaise, permettant à Kagamé de prolonger son temps au pouvoir. Bien que cela puisse être interprété comme un manque de démocratie, certains diraient que la stabilité et le développement sont prioritaires, surtout dans un pays qui a connu un génocide dévastateur. Au final, faut-il privilégier une gouvernance efficace qui génère des résultats palpables, même au détriment de certaines libertés? Ou la démocratie est-elle une fin en soi, nécessaire pour un développement durable?
