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Injection de liquidités de la BCEAO : les banques du Niger «renflouées»

C’était très attendu par le secteur bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La 37e injection de liquidités de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), intervenant le 11 septembre 2023, à cinq jours de la prise en compte du relèvement du taux directeur à 3,25%, a enregistré un engagement marqué…

C’était très attendu par le secteur bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La 37e injection de liquidités de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), intervenant le 11 septembre 2023, à cinq jours de la prise en compte du relèvement du taux directeur à 3,25%, a enregistré un engagement marqué des intermédiaires agréés. Au total, la BCEAO a injecté 6 600 milliards FCFA à un taux moyen pondéré de 3,24%. Ce taux est la synthèse des taux auxquels les banques ont soumis en réponse à l’appel d’offres de la banque centrale. Les banques qui soumissionnent au dessus du taux plancher (taux directeur) sont servis en fonction de la compétitivité de leur offre de taux. Par ces temps de tendance haussière des taux, la BCEAO actionne ce levier de liquidités pour renforcer la confiance dans le marché.

Sur la séance, 108 banques commerciales ont participé à cette injection hebdomadaire de liquidités. Dans le détail, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Sénégal ont été refinancés respectivement à hauteur de 1 518,66 milliards FCFA ,1 148,88 milliards FCFA et 1 038,92 milliards FCFA, renseigne la lettre hebdomadaire de CGF Bourse reprenant la note de la BCEAO relative à l’appel d’offre en question.

Ces trois marchés sont suivis de ceux du Mali (981 ,58 milliards FCFA), du Bénin (909,91 milliards FCFA), du Togo (446 ,67 milliards FCFA), du Niger (413,90 milliards FCFA), et de la Guinée Bissau (41,44 milliards FCFA). Ainsi, contrairement à ce qui est rapporté, les banques commerciales du Niger ont encore accès à la BCEAO, leur capacité de capter les liquidités dépendant de leurs bilans. S’agit-il de reconductions d’encours de créances de la Banque centrale, d’échéances hebdomadaire et mensuelle, sur les banques du Niger, qui existaient avant la prise des sanctions comme l’expliquait une source interne de l’institution en août dernier lors d’une précédente injection ?

Le Niger est sous sanction de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) depuis le 26 juillet 2023 suite au putsch perpétré par le Général Abdourahamane Tchiani, chef de la Garde présidentielle.

Parmi les sanctions qui frappent le pays, figure la fermeture des frontières aériennes et terrestres entre le Niger et les Etats membres de l’Uemoa, l’interdiction de survol de l’espace aérien du Niger pour tout aéronef lié aux pays de l’Uemoa, la suspension de toutes les transactions commerciales et financières, y compris celles touchant aux produits pétroliers, à l’électricité et autres biens et services. De même, les sanctions comprennent le gel des avoirs financiers et monétaires du gouvernement nigérien auprès de la Bceao et autres banques commerciales de l’Uemoa, la suspension des opérations financières entre les banques du Niger et celles des pays de l’Uemoa, la suspension de toute assistance et transaction financière en faveur du Niger par la Boad, l’interdiction de voyage pour les auteurs du coup d’Etat, avec gel de leurs avoirs et confiscation de leur patrimoine.

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