Le coup d’État militaire du 26 juillet au Niger a envoyé des ondes de choc bien au-delà des frontières du pays. Alors que les regards sont rivés sur les changements politiques immédiats, les effets à long terme sur l’économie semblent gravement sous-estimés.
En quelques heures, des années d’efforts pour instaurer une stabilité économique sont parties en fumée. En réponse au coup de force, la CEDEAO a imposé un embargo strict sur le Niger et, par conséquent, la BCEAO a gelé les avoirs du pays. Des sanctions qui ne sont pas sans conséquences sur le marché financier régional.
Avec un portefeuille de 64 bons et titres du Trésor en circulation, représentant environ 3 milliards de dollars, le Niger avait programmé des levées de fonds de près de 834 millions de dollars cette année. Des perspectives désormais compromises, alimentant un cercle vicieux d’endettement et de défauts de paiement qui rend le pays toxique aux yeux des investisseurs.
La situation est tragique pour le septième fournisseur mondial d’uranium contraint de fermer sa mine d’Orano.
Au-delà des chiffres, il y a un coût humain à cette instabilité. Chaque jour sous embargo est un jour où les Nigériens ordinaires souffrent de l’isolement économique, de la hausse des prix et de l’insécurité.
Le coup d’État, loin d’être une solution, est une calamité pour un Niger déjà vulnérable. Il prend en otage non seulement la démocratie mais aussi l’avenir économique du pays. Pour chaque soldat qui pense tenir dans son fusil la clé du progrès, il y a des millions de citoyens qui en payent le prix. Il est grand temps de reconnaître que la stabilité économique et politique est un jeu à somme positive, et qu’on ne peut déstabiliser l’une sans sacrifier l’autre.
